Plein emploi. Suggestions pour résorber le chômage.

Si, à l'aube de l'humanité, travailler (quête de nourriture) était vital, la question de la nature culturelle du travail ne pouvait pas se poser. C'était marche(travaille) ou crève.

Aujourd'hui où 2 hommes et leurs machines cultivent 400 hectares, où 10 hommes gèrent 1000 vaches, où 25 hommes suffisent pour faire naviguer un super tanker grand comme 4 terrains de foot… etc… la question de la "vitalité" du travail peut se poser autrement, au point de pouvoir envisager un revenu universel de base. (Ce dernier point n'est pas l'objet central de ce texte.)

Le questionnement légitime sur l'obligation de travailler n'est permis pour l'humanité (tout au moins pour l'Occident) que depuis moins de 3 générations (> 1950). Il résulte de l'explosion de la productivité liée aux processus de productions automatisés.

POUR PRODUIRE AUTANT QU'EN 1950, IL FAUT X FOIS MOINS D'EMPLOYES.

X = ?   10 assurément dans de nombreux domaines: agriculture, industrie, communications, production d'énergie… etc.

Ce point factuel posé, nous constatons que les dirigeants occidentaux (au moins) ne veulent pas l'intégrer, en suggérant, pour le moins, de réduire progressivement le temps de travail  au fur et à mesure de l'accroissement des productivités.

Un autre facteur, très rarement évoqué, est l'accroissement considérable des demandeurs d'emploi lié à une démographie "en bonne santé". Ainsi pour la France, la population métropolitaine qui comptait  41 600 000 habitants en 1950, en compte 64 300 000 fin 2014, soit un accroissement de près de 55%.

Lorsque la productivité augmente (nbr d'opérateurs moindre pour un même volume de production) et que le nombre de demandeurs d'emploi augmente (accroissement de la population) è le chômage croit ! (si progression productivité >> progression démographique [et c'est le cas puisque 10 >> 1,5 !] )

Ce fait a été récemment aggravé par le recul de l'âge de départ à la retraite qui augmente le nombres de personne dites "actives".

Mais certains autres facteurs ne contribuent pas à "arranger les choses". Ainsi, outre que les automatismes (robotiques) ont chassé en nombre les opérateurs humains des industries de fabrication, ces dernières ont été abandonnées en grand nombre , par des cohortes d'énarques, persuadés que "l'avenir" du pays n'était plus dans le secteur secondaire, mais dans secteur tertiaire (services pour faire court)… "pas de chance" c'est dans ce secteur que l'informatique/réseau a fait ses plus grandes "avancées", en particulier dans le large secteur des échanges monétaires.

DONC CONTRAIREMENT AUX DISCOURS OFFICIELS, AVEC LES REGLES ACTUELLES, L'EVOLUTION A LA HAUSSE DU CHÔMAGE EST TOUT A FAIT NORMALE, sauf à faire exploser les besoins de toutes sortes, ce qui serait détestable pour l'écologie, donc pour l'humanité et son environnement.

[à noter que si tous les terriens voulaient disposer des biens dont disposent les occidentaux, de sérieux problèmes énergétiques et de ressources (eau/protéines entre autre) ne pourraient pas être solutionnés.]

RÊVONS, plaçons nous dans l'hypothèse d'une VERITABLE volonté de diminuer le chômage (bing-bang anti chômage) et non celle, dans les faits, de le faire perdurer pour accroitre les productivités financières, à coup de gels sociaux et salariaux vs les compétitivités locale, européenne et mondiale.

Dans cette hypothèse d'un plan "Marshall" du retour au plein emploi, des réformes sont possibles. Nous les proposons ci-après dans le sens croissant des difficultés objectives ou subjectives de mise en œuvre.

 

PROPOSITIONS CONCERNANT LA SUPPRESSION D'ELEMENTS D'AUBAINES POUR LES EMPLOYEURS, QUI PAR LEUR EXPLOITATION GÈLENT LES OFFRED'EMPLOI.


Proposition 1: Suppression de tous les stages attachés à l'enseignement supérieur.

nombre d'emplois visés: 300 000 à 500 000 emplois plein temps.

Nombre de stagiaires en France:  Il n'y a pas de recensement au Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, les stagiaires n'apparaissent pas dans les registres du personnel des entreprises, ne sont pas inscrits à l'URSSAF.

Les plus grosses entreprises doivent néanmoins mentionner les stagiaires dans leur rapport d'activité, ce qui a permis au collectif de défense des stagiaires Génération Précaire d'affirmer que (deux exemples):

_la banque Société Générale a plus de 21% de stagiaires parmi son personnel

_durant l'été 2011, 1,5 millions de stagiaires ont "exercé" leurs talents. (chiffre des stagiaires d'été multiplié par 2 entre 2006 et 2011)

Evaluation via le nombre d'étudiants de l'enseignement supérieur (2012-13).

etudiants post bac

Le nombre de semaines de stage par formation va de 10 en IUT et BTS à 40 pour un cycle d'ingénieur (3 ans).

Nous retiendrons le chiffre de 10 semaines comme base de calcul.

Alors en prenant une année pleine de 48 semaines (52-4semaines de congés), nous pouvons estimer à:

(2 387 000x10)/48» 500 000 équivalent emplois pleins. (mais qui ne cotisent pas et qui sont peu payés (env 700€/mois))

vs 516 900 chômeurs de 20-25 ans catégorie A. (février 2016)

Autre approche en retenant le chiffre brut de stagiaires donné en 2011, soit 1 500 000, qui par extrapolation des évolutions notées depuis 2008 (doublement de 2008 à 2011) conduit à retenir le chiffre (bas) de 1 800 000 en 2014. Toujours avec une durée moyenne de 2,5 mois (10 semaines), cela conduit à: (1 800 000x10)/48 => 375 000 équivalent emplois pleins.

Au bas mot 350 000 emplois sont donc "couverts" par des conventions de stages et non par des CDI ou CDD. C'est un chiffre qui n'est pas du tout négligeable.

Obstacles à surmonter pour la mise en place de la suppression des stages de l'enseignement supérieur ?

Obstacle financier. Aucun coût 0 € vs les 33 milliards du CICE (2016) et ses 100 000 emplois créés sur 3 ans  (>300 000€/emploi !)

Obstacles psychologiques. Enormes

Dites à un étudiant qu'il ne va pas faire "son" stage, en lui expliquant que ce ne sera pas une sanction pour l'obtention de son diplôme mais une chance accrue pour lui de signer un vrai contrat d'embauche, il refuse de vous écouter, mains sur les oreilles.

Il est conditionné à ce passage obligé.

Conditionné par ses profs, qui en général n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise et qui par le biais des stages (suivi des stagiaires) compensent (un peu) ce complexe (vécu).

Conditionné par les parents qui, eux-mêmes de proche-en-proche estiment que le stage est LA chance à saisir pour leur enfant.

Le MEDEF, et l'ensemble des employeurs (y compris PME) se lèveront vent debout contre un tel projet. C'est une aubaine qu'ils exploitent à fond.

Telle grosse entreprise manage "ses" stagiaires comme ses propres collaborateurs, en faisant (cerise sur le gâteau) faire ce travail à des stagiaires (en gestion des ressources humaines) .

Ce sont les représentants du MEDEF qui ont poussé les IUT à passer de 8 à 10 semaines de stages pour des raisons "d'investissements" seulement compensés au-delà de 8 semaines !

Ses obstacles psychologiques (étudiants/enseignants/parents d'élèves) ne peuvent être levés que par une pédagogie active. Ainsi par exemple vis-à-vis du… "mais, sans stages, la formation à la culture d'entreprise va manquer" (ou manquer à mon enfant).

NON. Prenons l'exemple d'un jeune ingénieur.

Voici une image de sa formation (3 ans)

stage pas stage

Vu de la fin de la 3e année de la vie du jeune ingénieur…. quelles différences ?

Formation théorque: aucune.

Connaissance de l'entreprise: aucune (stage ou emploi CDI ou CDD c'est bien la même expérience de l'entreprise ! Non ?)

Traitements et cotisations. 1 an vs 0 !

 

Autre argument fréquent. Mais supprimer les stages, c'est fermer la porte d'entrée dans le monde du travail !

NON. Les portes CDD et CDI (et leurs périodes d'essais) existent, voilà les seules vraies portes. Supprimer la "porte" stage, c'est ouvrir plus grandes les portes CDD et CDI.

Conclusion. L'incontournabilité des stages est dans notre tête, ce n'est pas une obligation ayant des justifications rationnelles.

En période de plein emploi (ex: 1970…) le stage était la cerise sur le gâteau d'une formation. Il débouchait quasi systématiquement sur la signature d'un contrat d'embauche.

Aujourd'hui, ce n'est pratiquement plus jamais vrai (le systématique est devenu exception), par contre il représente pour l'entreprise l'aubaine d'employés dévoués et à "bon prix".

Les stagiaires via les stages sont comme des kleenex, qui, au-delà du biais détestable qui altère le marché du travail des jeunes, conduisent les entreprises à ne plus investir dans la fidélisation de jeunes collaborateurs, qu'elles auraient pris le temps d'intégrer dans une vision pérenne d'accroissement de leur personnel.

 


Proposition 2: Suppression de toutes les formations en alternance (apprentissages) post-baccalauréat.

Nombre d'apprentis (post-bac. BTS/DUT/INGENIEURS…) près de 150 000 !

Encore un aubaine* (financière) pour les entreprises qui en "redemandent" jusqu'à ne plus pouvoir absorber, au point que le plan Hollande de 500 000 contrats d'ici 2017, est irréalisable du fait de cette saturation déjà constatée.

*_Exonération de charges Exonération des cotisations sociales d'origine légale et conventionnelle obligatoires dues au titre des salaires versés aux apprentis à l'exception de la cotisation due au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles.

_Crédit d’impôt   1600 à 2200 € multipliés par le nombre moyen annuel d’apprentis qu’elles emploient.

_Indemnité compensatrice forfaitaire. L'apprenti ouvre droit pour l’employeur à une indemnité compensatrice forfaitaire versée par le Conseil Régional du lieu de travail de l’apprenti.

_salaire de 41 à 78% su SMIC (pour apprentis > 18ans (cas des post-bac) (note: salaire net= salaire brut)

Seuls 1/3 des contrats d'apprentissage se soldent par un contrat d'embauche à l'issue du contrat d'apprentissage ! (à bien distinguer du: après 6 mois de recherche)

Il y a donc 100 000 (2/3 x150 000) contrats qui sont signés par les entreprises par pur opportunisme financier.

Les raisons "classiques" avancées en faveur de l'apprentissage.

a) Les Allemands le pratiquent depuis "toujours", donc c'est bien !

Sauf que la mentalité du patronat allemand est sans doute moins "latine", moins "opportuniste" que celle du patronat Français… ! (Ceci très subjectif, mais pas nécessairement faux !)

b) Pour certains élèves, les bancs de l'école sont "insupportables" !

Que ce raisonnement soit recevable jusqu'au niveau bac, soit… mais ensuite, poursuivre ou non ses études doit être un choix "adulte".

Consolider la formation continue et promouvoir la validation des acquis d'expériences (VAE) sont les voies à suivre et à développer pour les personnes qui n'aiment pas les études.

Or la VAE n'a pas du tout la publicité qu'elle mériterait d'avoir.

c) C'est un moyen de gagner sa vie tout en étant étudiant.

La réponse devrait être les bourses.   Etudier ne doit pas être une activité à mi-temps.

Les aspects négatifs de l'apprentissage post-bac. 

a) C'est un régime d'étude défavorable aux volets académiques de la formation.

            _Les apprentis sont employés sans aménagements particuliers dans leurs séquences en entreprise. (ex: vacances réduites vs étudiants (2,5 jours de congés par mois travaillé, et pas de RTT), les réunions ou les salons professionnels ne sont pas facultatifs)

            _Les apprentis sont très souvent sélectifs dans l'attention qu'ils portent aux enseignements qui leur sont proposés.

Ce qui correspond à ce "qu'ils font" en entreprise est écouté avec attention, le reste beaucoup moins ! (vécu)

            _Les évaluations sont biaisées, plus tolérantes, qu'elles ne le sont pour les élèves étudiants. Le niveau académique est au total moins satisfaisant. (mais c'est tout à fait inconvenant de le dire !) (vécu)

b) Autant il semble pertinent d'affirmer que tel métier essentiellement manuel, soit à apprendre dans un cadre d'apprentissage (en gros le régime d'apprentissage jusqu'aux années 70), autant il est difficile de comprendre la valeur ajoutée de l'apprentissage pour les études d'un ingénieur par exemple ! (voir inconvénients donnés ci-dessus (a))

c) C'est un mode de formation qui coûte beaucoup à la collectivité, en la spoliant de contributions sociales.(exonérations patronales des cotisations sécurité sociale, assurance chômage et retraite complémentaire et CSG et CRDS pour l'apprenti)

La suppression de l'apprentissage post-bac, sans impact financier, se heurtera elle aussi à des facteurs purement idéologiques (déjà évoqués ci-avant, voir suppression des stages).

Pour la jeunesse également, le chômage autorise des expériences stériles, applaudies par le MEDEF, qui se font sur le dos des intéressés, ici des apprentis et indirectement de la collectivité.

Et tout le monde semble satisfait (Patronat, CFA, enseignants), y trouve son "compte" (au sens économique)… même si les apprentis ne sont pas, et de loin, dans les meilleures conditions d'études possibles, et ne sont en rien garantis d'un contrat d'embauche à l'issue de leurs apprentissages.

Remarque sur les deux points traités (stage et apprentissages):

Il serait autrement plus judicieux, sur la base du volontariat, de proposer aux enseignants, des périodes de stages (ex: 6mois vs la division de l'année en semestres) périodiques (exemple tous les 5 ans) en entreprises.

Ils y trouveraient compensation à leurs "complexes", et ils assureraient un retour d'expériences auprès de leurs élèves, tout auréolés de leur passage dans "l'eau bénite de l'entreprise".

Mais le tout sans altération du marché du travail (du moins très amoindrie du fait du beaucoup moins grand nombre de postulants (env. 30x5=150 moins d'impact.  1 prof è 30 élèves, 1 fois tous les 5ans)

STAGES/APPRENTISSAGES ETUDIANTS POST-BAC NON…

STAGES ENSEIGNANTS OUI !

 


 

Proposition 3 : Suppression (progressive) de toutes politiques natalistes.

Rappel de l'impact d'une démographie "vigoureuse" sur le chômage, aujourd'hui.

L'accroissement (explosion) démographique a pour conséquence d'accroitre le nombre d'individus devant travailler.

Dans certains pays à forte natalité, le chômage des jeunes est à présent supérieur à 40% voire beaucoup plus (ex: > 80% au Libéria ou au Zimbabwe)

En France, lié à une natalité "vaillante", il y a davantage d'individus qui entrent chaque année sur le marché du travail que d'individus qui en sortent. Cela représente environ +140.000 personnes par an.

En Allemagne, c'est l'inverse. Le marché de l'emploi perd chaque année 50.000 individus.

(voir pyramide des âges des 2 pays)

pyramides fr all

Pour l'emploi, mais aussi tout simplement pour limiter les exploitations des ressources naturelles et les futurs conflits attachés à leur raréfaction (eau/terres fertiles/énergies fossiles…), il est URGENT de rompre avec les politiques natalistes traditionnelles, traductrices plus ou moins conscientes, du caractère expansionniste et hégémonique des  nations.

Les colonisations/impérialismes "ne sont plus" d'actualité (du moins sous leurs formes passées !), mais le poids d'un peuple via sa démographie, donc son rapport de force vis-à-vis des autres nations, demeure une constante.

C'est aberrant ! Loin de dénoncer cette imbécile attitude, l'immense majorité des leaders (y compris ceux que nous soutenons !) encourage une croissance de la démographie.

C'est suicidaire, nous n'arrivons pas à dépasser sur ce point en particulier, nos pulsions naturelles les plus archaïques.

Proposition de réponse à ces faits:  (ou comment se faire traiter de Malthusien !)

La position politique à défendre est la suppression progressive de toutes incitations à un taux de fécondité supérieur à 2(2,1 taux de renouvellement). Les allocations familiales chez nous.

Lorsque l'humanité tendra vers une population critique qui la mettrait en péril de disparition (à savoir environ 200 000 individus), il sera temps de réagir… mais avec demain, 9 milliards d'humains, nous en sommes très très très loin !

Les chances de mise en œuvre de telles politiques, à froid (vs à chaud comme en Chine) sont minces pour ne pas dire nulles.

Le débat dans nos rangs, sur ce sujet, a déjà montré le très faible enthousiasme d'adhésion à une telle politique. Pour ma part, je crains que ce ne soient d'autres terribles conflits qui participent avant la fin du siècle à des diminutions des pressions démographiques (en Afrique et Asie notamment.) . Je ne précise pas les méthodes alors mises en œuvre.

Pour en revenir plus directement au chômage, l'exemple déjà donné ci-avant, des cas allemand et français, montre clairement l'avantage d'une diminution de la natalité au profit des Allemands, sur le front du chômage.

 

PROPOSITIONS CONCERNANT LA PRISE EN COMPTE, DE L'EXPLOSION DE LA PRODUCTIVITE DEPUIS LE DEBUT DES ANNEES 60.


Proposition 4 : Diminuer drastiquement le volume horaire hebdomadaire de travail.

Ce sujet de l'accroissement considérable de la productivité a déjà été traité dans le cadre du thème "Réflexions au sujet du chômage en France" (voir http://fgvlb.fr/index.php/idees-analyse/30-une-cause-peu-avancee-du-chomage-en-occident-les-automatismes)

Cet accroissement qui fait que 20 fois moins d'agriculteurs nourrissent deux fois plus de Français, que 100 fois moins d'employés (mineurs essentiellement dans les années 50, techniciens du nucléaire de nos jours) produisent 100 fois plus d'énergie… que plus personne n'assure le prélèvement d'argent aux péages d'autoroute, que.. etc etc !

Des centaines d'exemples sont répertoriables, à commencer par la dématérialisation de la plupart des services, bancaires, achats, réservations, informations générales… que nous assurons nous-mêmes via nos ordinateurs/tablettes/smartphones.

evolution temps travail 

Durant toute son histoire, l'humanité a, petit à petit, via les outils qu'elle a mis au point, diminué son temps de travail.

Plus de 60 h hebdomadaires au 19e siècle, 48 h en 1919, 40 h en 1936 (plus 2 semaines congés payés annuels , 3 semaines en 1956, 4 semaines en 1969), 39h et 5 semaines en 1982, 35h en 2000…. et puis stop. !!!!!!!! 

POURQUOI ? Diminution des performances de ces outils ?

Bien au contraire, de plus en plus de tâches jugées jadis "hors de portée" des machines, sont aujourd'hui assumées par des automates pilotés par des algorithmes traditionnels et autres intelligences "artificielles" (réseau de neurones, logique floue), "moulinés" par des hardwares de plus en plus performants et de moins en moins couteux (la puissance calcul d'une puce à moins d'1€ est aujourd'hui supérieure à celle d'un ordinateur du début des années 80 (VAX730) qui coutait alors près de 45000 € [300000F]).

L'explosion des "productions" sans opérateurs, conjuguée à la mondialisation, a pour conséquence "l'effacement" progressif du monde ouvrier dont les derniers représentants sont acculés "à tout accepter" sous la menace de perdre leur emploi.

L'inacceptable, au-delà  des stagnations des salaires, c'est le plafond de verre que constituent les 35 h. Pire, ces 35h sont grignotées, remises en question… 39h payées 37 !

ALORS ? 

Il faut se désintoxiquer des mantras libéraux et poursuivre la tendance, normale, naturelle, de la baisse du temps de travail. Travailler 4 jours par semaine, 24 , voire 20h. Lorsque les parts de gâteau seront assez petites, tout le monde pourra avoir sa part…. Sa part de travail et avec, sa part de dignité et plus de temps pour vivre, se cultiver, échanger…

Ce n'est pas une utopie au sens de l'inaccessibilité pratique, physique, comme de dépasser la vitesse de la lumière.

Il s'agit juste d'accaparer, de redistribuer les bénéfices que ces formidables gains de productivité permettent aux détenteurs de ces nouveaux outils.

Or le principe de propriété est très haut placé dans les constitutions occidentales, dans la nôtre également.

"L'utopie" est là, dans des textes de loi, qu'en bons républicains, nous respectons.

Au début du siècle dernier, le patronat était propriétaire des outils de production, rien de nouveau donc, sauf que… derrière chaque machine, il y avait un homme ou une femme pour la servir (l'utiliser). Mais si ces employés se mettaient en grève, le patron voyait ses outils "rouiller", improductifs. Propriétaire, oui, mais dépendant des employés.

Aujourd'hui, qui peut envisager un blocage des transactions financières… c'est nous-mêmes qui les opérons via nos cartes bleues et les multiples lecteurs de ces dernières, alors qu'il y a 50 ans à peine, des mécanographes en grève gelaient le fonctionnement d'une banque.

Aujourd'hui encore, que les camionneurs se mettent en grève, et l'économie d'un pays est bloquée. Qu'en sera-t-il d'ici dix ans lorsque les technologies (déjà prêtes !) des Google-cars et consorts équiperont les camions… qui rouleront sans chauffeur ?

Bref, produire plus qu'hier avec beaucoup moins d'employés n'est plus du tout une fiction.

LA SOLUTION RATIONNELLE EST DONC UNE DIMINUTION DRASTIQUE DU TEMPS DE TRAVAIL HEBDOMADAIRE ET/OU une taxation des richesses produites sans opérateurs à des fins de redistributions (revenu universel de base).

 

PROPOSITIONS CONCERNANT LES EMPLOIS NATIONAUX NON CONCURRENTIELS.


Proposition 5 : Stop aux suppressions des emplois non délocalisables.

Dans une quête perpétuelle à l'accroissement des bénéfices, les actionnaires des grandes entreprises, font de la ligne budgétaire "salaires", leur principal levier d'action.

(Telle entreprise envisage un plan de licenciement et sa côte en bourse monte !)

De ce fait des centaines de milliers de postes de travail disparaissent, y compris dans des secteurs de facto non-ouverts à la concurrence. (quelques exemples).

Hier:

_Péagistes autoroutiers, devenus automates-monnayeurs. Combien de chômeurs supplémentaires  ?

Aujourd'hui:

_Compteurs de consommation d'énergie communicants (Linky) (demain idem gaz et eau).

Combien de chômeurs supplémentaires  ?

_Sous prétexte de "meilleures visibilités internationales", régions plus grandes d'où fermeture des centres cliniques/hôpitaux, centre administratifs, tribunaux, centres des impôts "trop peu actifs"… Combien de chômeurs supplémentaires  ?

Demain:

_Caisses sans caissier(e)s. Via l'usage des puces RFID (radio frequency identification)  les articles dans les caddys seront scannés  par passage sous portiques, sans opérateurs humains (argent dématérialisé).  Combien de chômeurs supplémentaires  ?

Après-demain (horizon 2025):

_Transports (marchandises) routiers sans chauffeurs…. Combien de chômeurs supplémentaires  ?

Ces suppressions d'emplois, dans des domaines non-concurrentiels au niveau mondial (autoroutes nationales, distributions nationales…etc.), nourrissent le chômage, sans autre retour que l'accroissement des bénéfices des propriétaires (actionnaires), mais nullement pour les consommateurs.

Qui a vu baisser le prix des péages d'autoroutes ou le tarif de l'électricité sous prétexte de la disparition des opérateurs humains ?

Par contre tous ces chômeurs "coûtent" à la collectivité. Coût des filets sociaux, y compris pour le secteur de la santé. Il est avéré que de nombreuses pathologies sont directement attachées aux stress engendrés par les situations de mise au chômage.

LA SOLUTION RATIONNELLE EST DONC LE CONTRÔLE ETATIQUE DE CES SUPPRESSIONS D'EMPLOIS  "HEXAGONAUX" ET LA RELANCE DU SECTEUR SECONDAIRE.

Cela passe encore une fois par la remise en cause des libertés d'action des entreprises privées.

"remise en cause des libertés d'action des entreprises privées !" ces gros-mots sont à opposer à l'effectivité, la sincérité, de la volonté de réduire ou non le chômage et les dommages individuels et publics qu'il entraine (y compris les dérives politiques vers des idéologies d'extrême droite !).

Lorsque l'état laisse les sociétés d'autoroutes automatiser les postes de péage, il est complice de l'accroissement du chômage. Lorsqu'il laisse ERDF déployer les compteurs Linky, il est complice de l'accroissement du chômage. Lorsqu'il promeut, lui-même, la dématérialisation des déclarations d'impôts, il est complice de l'accroissement du chômage … etc etc.

Bref, au nom du bien public, y compris sur le plan économique, l'état doit statuer sur toutes ces innovations qui, au sein d'un marché non mondialisé, mais sur un modèle idéologique importé à l'échelle hexagonale, accroissent le nombre des chômeurs.

Bien entendu, c'est une rupture avec les doctrines libérales qui est en jeu.

Cette déclaration de guerre sera immédiatement interprétée/dénigrée par les médias libéraux (très majoritaires !) comme un retour au collectivisme, voire au soviétisme, à la privation des libertés…

Il est donc "capital" de bien s'adosser à l'urgence d'un "plan Marshall" anti-chômage pour avancer ce type d'idée.

Un "plan Marshall" anti-chômage a des chances d'acceptation populaire bien supérieures au développement d'idées anti-libérales, pour beaucoup, trop éthérées et synonymes de libertés, même si ce sont bien elles qui sont à l'origines de beaucoup de nos maux.

 

PROPOSITIONS CONCERNANT LE VOLET MONDIALISATION ET MISE EN CONCURRENCE DES TRAVAILLEURS.

Localement, l'ouverture de l'Europe des 7 à l'Europe des 28 avec en son sein la mise en concurrence de travailleurs ayant des niveaux de rémunération horaire allant de 2€ / heure (brut) pour la Bulgarie  à 27€/ heure (brut) pour le Danemark. Exemple: Fermeture d'abattoirs de porcs en Bretagne, non suffisamment concurrentiels vis-à-vis d'abattoirs allemands… employant des Roumains.

A l'échelle mondiale, ces écarts se creusent plus encore (revenus bruts mensuels/habitant;  chiffres 2012): 8000$ pour la Norvège vs 20$ pour le Burundi !

 D'où des mises en concurrences brutales avec des délocalisations successives ("opportunistes") fuyant d'éventuelles hausses des salaires "ici" pour aller "là-bas" où c'est plus rentable.

 


Proposition 6 : Stop aux diktats libéraux européens. Reconstruction d'un nouveau modèle européen sur des fondements non "libéraux".

Divers mécanismes ont accompagné l'émergence de la mondialisation libérale, copiée à l'échelon européen.

Mécanismes technologiques, toujours, bien entendu:

_Les réseaux qui autorisent des transactions "en temps réel" d'un bout à l'autre de la planète. _Des moyens de transport formidablement plus rationnels qu'il y a 50 ans (porte containers de 400 mètre de long, contrôlés par un personnel réduit à une douzaine d'hommes… et navigant sous pavillon de complaisance, naturellement !).

Mécanismes politiques aussi (surtout !?):

_La libre circulation (sans contrainte !) des biens, validée par l'OMC, le FMI ou plus localement, inscrit dans la Constitution Européenne, qui mettent brutalement en concurrence des pays aux niveaux de vie et de protections sociales totalement inégaux.

Ce qui dans le monde sportif reviendrait à accepter des rencontres de boxe opposant poids plumes et supers lourds, au grand dam des spectateurs, est présenté par l'ensemble des média occidentaux comme "une forme émulatrice" et quasi-"naturelle" de l'évolution des civilisations. Une forme "incontournable" !

Mécanismes de propagandes libérales (union des médias):

_Présentation des contrats précaires ou l'auto-entreprise comme des réponses au chômage. Nouvelle (tout à fait archaïque en fait, les premiers hommes vivaient ainsi !) organisation du travail non présentée comme une régression, mais comme une libération des énergies… la liberté des choix de vies… et bla bla bla… car, la "com" a gagné !

Du fait de ces artéfacts de la mondialisation, aujourd'hui, pour un pays donné, diminuer le volume horaire du travail ou taxer fortement les outils de productions automatisés, revient de facto à rendre moins compétitif le commerce, donc l'économie "mondialisée" de ce pays !

"Mieux", dans le cadre de l'actuelle Constitution Européenne, un protectionnisme de type taxation des automatismes pour les entreprises est-il vraiment possible sans sanction ?

TAFTA (ou CETA également), la prochaine étape à ce jeu de chamboule-tout, étendra encore les champs "protégés" et "inflexibles" du libéralisme.

Alors que faire ??? Attendre que, par le mécanisme des "vases communicants", les niveaux sociaux de l'occident s'alignent, s'écroulent, au niveau de ceux de la Chine, de l'Inde ou de l'Afrique, demain ?

Si encore cette égalisation des revenus concernait TOUS les hommes et femmes, une forme de recherche altruiste d'égalité, ce serait somme toute une bonne chose pour le plus grand nombre !

Mais tout au contraire nous constatons que seule une poignée d'individus absorbe tous les bénéfices de ces mises en concurrence.

1% d'humains, possèdent autant que les 99% autres. Et ces mécanismes de concentration des richesses s'accentuent de jour en jour, profitant des crises économiques récurrentes.

Les crises, sommet du cynisme, conduisent "mécaniquement" à l'acceptation de nouvelles réformes dites structurelles, qui ne sont en fait que des régressions sur toutes les mesures de protection sociale.

En France, par exemple, "grâce" au chômage élevé, le MEDEF peut "sans complexe" revendiquer des retours en arrière…. (aujourd'hui code du travail, demain statut des fonctionnaires ou du CDI)

 

LA SOLUTION RATIONNELLE PASSE PAR LE REJET DES RÈGLES DU JEU LIBERALES DE LA MONDIALISATION ACTUELLE VIA UN AGREGAT ASSEZ LARGE (VIABLE) DE PEUPLES PARTAGEANT UN MÊME IDEAL DE SOLLIDARITÈ HUMAINE.

 

Cette suggestion doit être mise en œuvre dans un cadre nouveau (à inventer) et non dans le cadre nationaliste dont on connaît les possibles dérives rances. Obscurantismes (voire xénophobie) de l'extrême droite, guerres au nom de la "Sainte Patrie", bref régressions et souffrances historiques vécues et subies par les peuples.

Ce n'est pas l'idée de la mondialisation des échanges qui est redoutable, même s'il faut admettre qu'elle entrainera des pertes de spécificités culturelles, mais sa seule dimension financière et les concurrences économiques inter-nations qu'elle induit (nouvelles formes des guerres d'antan).

L'amorce de ce "re-battage des cartes", pour notre pays, passe par la sortie de l'Europe telle qu'elle est, pour la re-construction d'une nouvelle Europe capable:

_d'autonomies (alimentaire, énergétique).

_de cohérence culturelle (référence à un niveau de laïcité minimal effectif).

_de la mise en œuvre d'une vraie démocratie populaire via des mécanismes. d'informations/débats suivis de décisions référendaires.

_de placer le bien-être de ses ressortissants devant les intérêts financiers d'une poignée d'individus.

Alors dans un cadre idéologique où l'épanouissement culturel du plus grand nombre primera sur l'épanouissement matériel d'une minorité, les évolutions proposées dans ce texte pour accompagner les gains de productivité, pourront être effectivement mises en œuvre.

En particulier, les réductions drastiques du temps de travail.

L'équilibre liberté individuelle/prédominance du bien commun sera probablement un des équilibres difficile à trouver, puis à maintenir dans le temps. 

Ce modèle suppose bien entendu un certain degrés de protectionnisme et donc d'isolationnisme.

Il sera d'autant plus viable (non utopique) que le nombre des pays "solidaires" sera important. Ce point suppose donc, d'emblée, des solidarités annoncées, assurées et assumées vis à vis des partages de richesses entre des nations, au début, de niveaux de vie différents.

L'exemple inspira-t-il d'autres peuples ?

C'est à souhaiter, sinon cette nouvelle Europe pourrait bien subir de la part des autres forces économiques libérales, ce qu'a subi la Grèce de la part du reste de l'Europe dans sa tentative de changement des règles du jeu en 2015, ou ce que jadis, a subi la France révolutionnaire vis-à-vis de la coalisation du reste de l'Europe à la fin du XVIIIe siècle.

Cette "nouvelle Europe des hommes", est bien entendu nécessaire pour s'opposer à l'hégémonie libérale, mais d'une construction très aléatoire (pour éviter le mot utopique)  puisqu'elle suppose une quasi-synchronisation des volontés de changements (pacifiques et laïques) de plusieurs nations "candidates".

L'hypothèse que la sortie volontaire et unilatérale de la France de l'Europe des 27, qui ensuite ferait "tâche d'huile", inspirerait d'autres peuples, a, il faut l'avouer, un caractère assez Donquichottesque.  

Mais les aveuglements des règles stériles que l'Europe impose à ses peuples, sans inflexions, années après années est un gage de rébellion possible.

Reste à savoir si "l'explosion" se fera sur le mode nationaliste (montée des extrêmes droites) ou sur le mode humaniste ???


Rappel des suggestions:

Avec mise en œuvre possible au plan national. Coût 0€. Retour de 200000 à 500000 embauches.

Proposition 1: Suppression de tous les stages attachés à l'enseignement supérieur.

Proposition 2: Suppression de toutes les formations en alternance post-baccalauréat.

Avec mise en œuvre possible au plan national. Coût "négatif". Retour à long terme (> 20 ans).

Proposition 3 : Suppression (progressive) de toutes politiques natalistes.

Avec mise en œuvre possible au plan national. Coût indirect dans un cadre libéral (baisse de compétitivité internationale) . Retour fonction de l'amplitude des baisses.

Proposition 4 : Diminuer drastiquement le volume horaire hebdomadaire de travail.

Avec mise en œuvre possible au plan national.

Proposition 5 : Stop aux suppressions des emplois non délocalisables.

Avec mise en œuvre possible avec coopération multi-nation.

Proposition 6 : Reconstruction d'un nouveau modèle Européen sur des fondements non "libéraux".

ref:

Stat. étudiants supérieur: http://cache.media.enseignementsuprecherche.gouv.fr/file/2014/58/8/NI_MESR_14_01_303588.pdf

Stages-Alternance:

https://www.kelformation.com/editorial/formation-alternance/conseils/detail/article/les-vacances-en-alternance-et-en-apprentissage.html

http://www.drome.cci.fr/sinformer-sur/formalites-administratives/contrat-dapprentissage/lexoneration-de-charges/

Marché du travail jeunes Français vs Allemands:

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/186482-pourquoi-le-chomage-va-continuer-a-augmenter-en-france.html

CICE:

http://www.marianne.net/karine-berger-100-000-emplois-crees-25-milliards-aides-aux-entreprises-100236006.html

Concurrence:

http://www.eurocompar.eu/salaires-et-revenus.10.datas.htm

http://www.journaldunet.com/business/salaire/classement/pays/revenus

http://www.lyonne.fr/yonne/actualite/2014/08/02/en-coulisse-dun-peage-sans-peagiste_11099796.html

http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Les-programmes/LE-MAG-N-6-2016/articles/p-24607-Cargos-la-face-cachee-du-fret.htm

http://vigile.quebec/Pavillons-de-complaisance

http://fgvlb.fr/index.php/idees-analyse/30-une-cause-peu-avancee-du-chomage-en-occident-les-automatismes

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