Le libéralisme (économique) est-il si moderne que cela ?

 

I) Du point de vue de l'histoire, vs le capitalisme.

Pour les "spécialistes", libéralisme et capitalisme n'ont rien de commun, ou si peu, qu'il serait stupide de les confondre.

Il est bien entendu qu'il s'agira dans ces lignes du libéralisme dit économique. Le capitalisme, pour sa part, n'a pas besoin d'adjectif complémentaire pour être distingué d'une autre sorte.

Formellement les spécialistes font remonter le capitalisme au 15e siècle, au cœur de la Renaissance, à Florence et aux Pays bas avec le commerce maritime "mondialisé"…. (déjà !) S'enrichir via le commerce maritime, accumuler des richesses, c'est à dire capitaliser.

Avec la révolution industrielle au 19e siècle, en Angleterre d'abord, puis aux Etats-Unis, puis progressivement en Europe Occidentale, le capitalisme "moderne" puise dans les révolutions industrielles (machine à vapeur, chemin de fer, électricité…) de nouvelles sources de richesses.

Que ce soit à la renaissance ou au 19e, le capitalisme s'appuie sur; des nouveautés/opportunités technologiques (ouvertures de voies maritimes ou les chemins de fer), le droit "sacré" de la propriété, la "virtualisation" des richesses (banques, monnaies, lettres de créances …)… et bien entendu, cela va sans dire, la nature humaine.

En ce qui concerne le libéralisme, il prendrait naissance au 18e siècle, dans ce siècle dit des lumières (d'abord en France, puis au Portugal, en Ecosse… aux Etats-Unis).

Mais il s'agit alors d'un courant avant tout d'ordre philosophique, en réaction à l'état monarchique de la société. Il prône la liberté individuelle et l'égalité des individus vs la soumission aux "princes" (qu'ils soient des églises ou des palais) et dénonce le déterminisme "incontournable" des statuts liés aux origines (tu nais noble ou gueux, tu seras noble ou gueux !).

Ce libéralisme là, philosophique avant d'être politique (la politique étant ici considérée comme les travaux pratiques de la philosophie), est vertueux, au sens de l'élévation de la nature humaine. Nous reviendrons plus loin sur cette notion délicate "d'élévation".

Ce courant de pensées conduira chez nous à la Révolution qui donnera elle-même naissance à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Notons, cela sera utile dans la suite de ces lignes, que l'amplitude des évolutions/révolutions a toujours sa limite, en l'occurrence, dès le second article des Droits de l'Homme, est stipulée l'inviolabilité des propriétés matérielles des individus.

L'article 2 proclame quatre « droits naturels et imprescriptibles de l'homme » à savoir la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. (1) (2)

Mais de nos jours, lorsqu'on parle de libéralisme, il s'agit de bien autre chose. Il s'agit du libéralisme économique, pour ne pas dire financier mis en œuvre en politique.

Il faut tout le talent et le surplomb culturel des "sachants" pour maintenir une distinction formelle entre les deux systèmes.

Listons les corrélations:

_Les technologies numériques (machines+algorithmes+réseaux) sont les ruptures du 20e siècle alter égo des machines à vapeur ou autres machines électriques des 18e et 19e siècles.

_L'accumulation/circulation monétaire se fait aujourd'hui mieux que jamais, plus besoin d’or encombrant ou de billets fragiles, pas plus que de coffres-forts. Les transactions sont "électroniques" et s'exécutent à raison de centaines de milliers par seconde. (trading haute fréquence) au sein d'un réseau de communication numérique (le web).

_La nature humaine est toujours la même.

Pour illustrer ces corrélations, considérons les individus bien classés dans le top 10 des plus grandes richesses mondiales:

Bill Gate (microsoft), Mark Zuckerberg (face-book), Jeff Bezos (amazon), s'appuient tous sur des ruptures technologiques lors du passage du tout analogique au tout numérique. Ils accumulent les richesses et ce sont des hommes. (Deux assertions triviales.)

 

II) Pourquoi la désignation d'un même mécanisme de captation/accumulation de l'argent, possède 2 noms distincts ? libéralisme au lieu de capitalisme ?

 Dès le milieu du 20e siècle, l'art de la rhétorique a cédé sa place à l'art de la communication.

L'art de l'enrobage pour mieux séduire, vendre, "faire passer".

Plus de femmes de ménage mais des techniciens de surface, plus de chefs mais des managers ou des leaders, plus de cercle de réflexions mais des think tanks.

Changer de nom, c'est aussi l'espoir dans une société de l'offre de mieux vendre l'illusion d'une nouveauté, d'une nouvelle offre. Ainsi Motorola devient Freescale ou le TGV, InOUI !

Mais si de plus la dénomination  initiale d'un produit, d'un concept, a quelques "plombs dans l'aile", alors le changement est encore plus recommandé.

C'est bien ce qui s'est passé pour le qualificatif capitalisme.

Sans entrer dans les détails, de Karl Marx à l'oncle Picsou du journal Mickey, le capitalisme est présenté comme une doctrine cynique, jamais repue et sans aucune moralité.

Voir l'Oncle Picsou, pingre invétéré, plonger dans les pièces d'or de son coffre-fort comme on plonge 

dans une piscine,  donne une image peu valorisante du capitalisme, même si les jeunes lecteurs du

magazine dans les années cinquante n'avaient rien lu du difficile Capital de Marx.

Pourtant des efforts conséquents et continus ont été déployés pour adosser le  capitalisme aux Etats-Unis, donc à la modernité, à la réussite individuelle (self made man) vs le bloc soviétique et le communisme associés à la misère et à l'archaïsme.

Au cinéma par exemple, média populaire par excellence, tel sous-marin soviétique prend l'eau de toute part dans des coursives mal éclairées où titube un équipage aviné et mal rasé; alors que du côté américain tout est dynamique, hi-tech et performant. Même dans une capsule spatiale, le cosmonaute soviétique n'est qu'un ivrogne  (voir les films évoqués; Octobre Rouge ou  Armagedon).

Bref l'Amérique c'est mieux… et association d'idées, de clichés, le capitalisme c'est beaucoup mieux que le collectivisme.

Mais en 1989 "le mur" tombe, l'URSS depuis est redevenue Russie. La Chine s'est éveillée (et quel réveil !). Le "repoussoir idéologique" ne fonctionne plus aussi bien.

Conjointement, à la fin du 20e siècle, l'Occident, voit monter en puissance les préoccupations écologiques qui passent du statut de "marginalité", à celui de forces politiques.

Or, ce que dénoncent les écologistes, ce sont les pollutions planétaires, les modifications climatiques, qui résultent d'un capitalisme sans éthique, qui puise et épuise les énergies fossiles pour faire fonctionner toujours plus d'accumulation et de capitalisation des richesses.    

Bref, le capitalisme fossoyeur de la planète "ça l'fait pas"… Il faut trouver un autre nom.

Pas question de gagner en éthique, ça c'est "mission impossible", mais au moins se refaire une virginité en changeant de nom.

Et c'est là qu'intervient les communicants… plus de capitalisme, mais à la place le libéralisme… la liberté !  C'est inscrit dans l'orthographe du mot…

Or qui peut souhaiter une société sans liberté… ?   Personne !

 

III) Mise en œuvre du libéralisme économique.  (3)

Liberté, responsabilité individuelle, propriété privée, qui s'opposent au collectif, au public et apparemment aux "entraves" de l'état. Apparemment seulement car le libéralisme aujourd'hui, comme le capitalisme hier, s'appuie sur l'état.

Avec le libéralisme, point de révolution, ni d'anarchie. Bien au contraire, une image policée de démocratie, respectueuse de la loi.

Au nom de la liberté et de l'entreprise, le lobbying est "institutionnalisé".

Pour peser sur l'écriture des lois, les lobbyistes ont leurs bureaux, sinon leurs entrées officielles dans l'enceinte du parlement européen (4) ou national. Donc total respect de la loi… orientée, voire dictée par eux-mêmes.

Mieux, si le résultat d'un référendum n'est pas conforme aux visées libérales, dans le plus grand respect des lois, il est "légalement" contourné comme ce fut le cas pour la France en 2008 suite au NON au  traité établissant une constitution pour l'Europe en 2005, et comme, il n'est pas exclu que ce soit le cas (juste hypothèse pour l'heure) pour le Brexit Britannique d'ici 2 à 3 ans.

Avec le libéralisme, liberté d'expression… Liberté, mais certainement pas diversité.

Aux heures de grandes écoutes, ce sont toujours les mêmes qui s'expriment sur les ondes des médias. Point de contradicteurs pour les mêmes éditorialistes, tous unanimes à défendre le seul horizon officiellement possible qu'est la mondialisation avec les règles du jeu libérales; concurrence libre et non faussée.

Sur ces mêmes médias, suivant le locuteur, tel discours politique pro-libéral est qualifié de progressiste/acceptable alors que tel autre, anti-libéral est dit populiste/insignifiant.

Avec le libéralisme, les traités transnationaux sont rédigés en grand secret (on ne montre pas ses cartes lors d'une partie de poker !!). Puis, toujours en toute légalité, font la part belle aux tribunaux d'arbitrage privés: TAFTA (Europe Amériques du Nord), CETA (Europe Canada) ou JEFTA (Europe Japon).

Le libéralisme veut moins d'Etat, moins d'interventionnisme public, sauf si ce dernier alimente ses intérêts mercantiles.

 

Ainsi, que ce soit pour l'argent du CICE (40 milliards pour 125000 emplois è 320 000€/emploi; vs 7000€/emploi-aidé !!!) en France, ou pour celui des banques centrales qui renflouent les banques "spéculatrices" après la crise de 2008. (A hauteur d'au moins 1000 milliards de $ , les données sont éparpillées et pas toujours clairement définies) (5), là pas d'objection à ces interventions publiques.

 

Bref pas d'état providence… pour le plus grand nombre, les médias aux ordres dénoncent alors sa non-efficacité, mais sans souci pour abonder sans aucune exigence le monde de l'actionnariat.  

Voilà le cadre, mais cette liberté d'entreprendre a besoin d'un terrain de jeu, un grand terrain de jeu. La mondialisation le lui offre. Cette mondialisation rendue possible par la "diminution" des distances grâce aux développements des transports (supers tankers, grands comme plusieurs terrains de foot; avions longs courriers; réseaux informatiques…)  a été organisée par les chefs d'orchestres que sont l'OMC pour le volet "technique" et le FMI pour le volet "monétaire"; le tout adossé au dollar, monnaie d'échange internationale.

Sur ces bases d'explosion technologique et de domination culturelle (américaine) le capitalisme a changé de peau et est devenu libéralisme. Mais rien de nouveau sous le soleil.

Les outils changent, mais les objectifs sont les mêmes… accaparer et accumuler les richesses. 

IV) Efficace ou pas ?

Efficacité, pragmatisme, responsabilité… Oui le libéralisme prône l'efficacité. Et elle est bien réelle, du moins pour ceux qui se retrouvent, une fois par an, à Davos.(6)

Quelques données graphiques pour illustrer cette "efficacité"

        

 Et c'est une tendance qui perdure, voire s'accentue.

Aujourd'hui 8 personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

On mesure, avec ces données, la bêtise ou plus exactement le cynisme à invoquer le concept de ruissellement. Dans un monde Libéral, le ruissellement se fait du bas vers le haut (défiant ainsi les lois de la gravitation !). Pour permettre ce "tour de force", l'optimisation fiscale (encore un bel euphémisme), a remplacé avec bien plus d'efficacité la piraterie d'antan.

Alors oui, d'un certain point de vue, le libéralisme est remarquablement "efficace" ... !

 

V) moderne ou pas ?

 Il se dit moderne, ça c'est certain… mais sur le fond, un monde sans état, où l'individu travaille pour "sa pomme" avec comme seule doctrine "que le meilleur gagne", où les lendemains sont incertains, où un accident de la vie peut vous mettre à "la rue", ça ne vous rappelle rien ?

Imaginez le monde des hommes d'il y a 200000 ans. L'homo sapiens est libre, vraiment libre, sans aucune réglementation. La nature l'a doté d'une bonne santé, il vivra. Dans le cas contraire, ces chances sont minces. Ne voyez-vous pas dans ce décor, un parfait libéralisme. 

La concurrence y est libre et non faussée, la raison du plus fort y règne en maître !

 Alors le libéralisme moderne, oui par le fait d'une propagande bien organisée, mais absolument pas à l'aune de l'histoire de l'humanité.

 La Révolution Française et les Droits de l'Homme sont très postérieurs à ces temps primitifs.

Les droits du travail ou la sécurité sociale généralisée ou les caisses de retraites ou le droit de vote pour les femmes, plus encore. Là, sont les vraies modernités ! Là, l'humanité échappe à sa nature animale.

Non le libéralisme n'est pas moderne.  Pire, en revenant sur tous les acquis énoncés, qui  eux sont les marqueurs d'une véritable modernité, il est une machine à voyager vers le passé… une machine à régresser.

Et nous régressons effectivement.

Ainsi, si nous considérons un critère majeur qu'est l'espérance de vie, nous constatons qu'il a effectivement progressé. Mais il résulte de quoi au juste ?

Il est le fruit de politiques sociales, de préventions sanitaires, de recherches publiques… d'actions collectives orientées par des états forts dans la première moitié du 20e siècle; bref  par tout ce que rejette le libéralisme à travers le monde.

Les tentatives pour revenir sur "l'Obamacare" aux USA en sont une illustration. Résultat de ces retours en arrière, l'espérance de vie commence, de nos jours, à diminuer.

Nous avons évoqué au début de ce texte, le concept d'élévation de la nature humaine.

C'est un concept très délicat à exprimer.

Nous l'exprimons comme; tenter d'être, pour une société, au point le plus haut de l’évolution de sa capacité d’empathie envers elle-même et son environnement. Et la trajectoire évoquée n’est pas nécessairement une pente continûment positive !

Risquons une illustration. Un peuple sachant lire a bénéficié du déploiement de moyens éducatifs, dont le résultat est une élévation par rapport à son état antérieur où l'illettrisme était général. De cette élévation résulte ensuite la possibilité d'autres élévations. Acceptation de l'abolition de l'esclavage, puis de la peine de mort. L'acceptation que la femme est l'égale de l'homme. L’acceptation que la solidarité est préférable à l’individualisme. L'acceptation que la laïcité est préférable à la religiosité sectaire. 

Bref, nous venons d'exprimer que la connaissance, la culture sont transcendantes.

Qu'elles permettent à l'individu d'analyser, d'échanger, "de s'élever".

Le consumérisme, le pragmatisme matériel prônés par les mouvements libéraux sont, de ces points de vues, régressifs.

Ainsi, dans un monde plus complexe, où des connaissances supplémentaires sont à acquérir, ce qui est proposé, c'est un enseignement qui devrait coller strictement au plus près des besoins économiques.

Certains avancent que le chômage résulte d'une in-employabilité des jeunes liée à leurs cursus scolaires trop "éloignés" des exigences du monde du travail. C'est absurde ! Il faut allonger la durée des études, puisque la complexité du monde, la somme des savoirs croissent.

Mais cela coûte et à travers le prisme libéral, le retour sur investissement ne serait pas assuré !

Alors formons des cohortes de communicants, de commerciaux, de comptables et de financiers… mais surtout pas des philosophes, des historiens ou des sociologues.

Ils seraient chômeurs… sachant critiquer et argumenter !

Et voilà le démentiel levier…

Le chômage. Il est là, bien installé et pour longtemps avec pour le réduire, une suite têtue, depuis plus de 20 ans, de mesures absurdes.

Mesures absurdes vis-à-vis de l'objectif officiel, mais pas du tout absurde pour l'explosion des dividendes des grands actionnaires et leurs optimisations fiscales. L'envolée des actions aux moindres annonces de plans sociaux en témoigne.

Mesures cyniques qui  autorisent le blocage des salaires des fonctionnaires justifié au nom de critères économiques totalement arbitraires, ou le recul imbécile de l'âge minimum du départ à la retraite, (alors que les plus de 50 ans sont invités en grand nombre à prendre la porte… trop anciens donc trop payés, trop coûteux vs des cohortes de stagiaires "gracieux" !) ou aujourd'hui la mise en pièce du code du travail.

Pour lutter contre le chômage: bloquer les salaires, diminuer les "charges" patronales, faciliter les licenciements, exiger la flexibilité, la mobilité ?

Non ! LA SOLUTION pour répondre à l'explosion de la production sans opérateurs humains, ou l'explosion la productivité avec les opérateurs humains restants, c'est de partager le travail résiduel… comme cela s'est fait depuis l'aube de l'humanité. Travailler (en occident) 20 heures par semaine, voire moins si nécessaire pour résorber totalement le chômage… et tout le temps libéré, le consacrer à l'éducation générale, à l'éducation de la citoyenneté, à la culture, aux loisirs.

Utopie !? Non.  L'existence d'une telle société n'est plus impossible, car une production des biens, en volume, est à présent possible avec très peu d'opérateurs humains.

Ce modèle s'il était effectivement utopique il y a un siècle, aujourd'hui ne l'est plus.

Les automatismes, les réseaux de neurones, l'intelligence artificielle existent, ils nous remplacent et jusqu'à un certain point, tant mieux… tant qu'ils ne sont pas prétexte à nous embarquer dans une spirale morbide dont l'issue pourrait bien être des révoltes incontrôlables avant le retour à des états fascistes.

Si la mise en œuvre d'une telle société n'est pas envisagée, c'est du fait d'une part de la victoire de l'égoïsme et du cynisme de certains hommes portés au pouvoir (que nous portons au pouvoir, mais c'est un autre sujet) et d'autre part du sacro saint droit de propriété.

Droit de propriété des moyens de productions, aussi bien que droit de propriété via les brevets pris sur les procédés de production. (Par exemple les semences OGM, stériles à leur maturité.)

Les robots produisent, mais ne cotisent pas ! Ils engendrent le chômage, mais leurs propriétaires n'en ont cure. Rien d'illégal dans tout cela !  

C'est la victoire d'une période historique détestable, qui porte aujourd'hui le nom de libéralisme économique.

Mais le mot période est dérivé de périodique… "ça reviendra". La recherche d'une vraie modernité reviendra un jour, un siècle des lumières bis… le verrons-nous ?

C'est un autre débat.

 

VI) Que faire pour rétablir la vérité vis-à-vis de l'archaïsme du libéralisme ?

Gros challenge…. Vis-à-vis des jeunes "entreprenants", le libéralisme est perçu comme un désirable terrain d'exercice à leurs énergies potentielles, sans entrave, sans obligation de cotiser pour les jours d'opprobres inimaginables pour la plupart d'entre eux.

Pour les anciens qui ont connu un autre monde… d'une part ils ne sont pas réputés témoins des temps qu'ils évoquent, ils en sont dits nostalgiques nuance (!), d'autre part mécaniquement il suffit que le libéralisme perdure encore un peu et ces témoins "d'autres choses" ne gêneront plus.

 

Et pour tous les autres, les entre-deux, actifs ou chômeurs ?

Pour les premiers, du surbooking ou du burn-out (exprimé en Anglais c'est toujours "plus mieux"), pour les seconds, là encore rien de nouveau,  du pain et des jeux; les JO à Paris, le "mouuundial" de foot, le tour de France ou Roland Garros font l'affaire. Mais si nécessaire , pour les jours creux, il est toujours possible de ressortir un "petit Grégory", son juge, ses corbeaux (été 2017) !

Et par-dessus tout cela le mantra déjà évoqué dans ces lignes… "il n'y a pas d'autre solution que le libéralisme" et tout ceux qui  proposent autre chose ne sont que des populistes, voire des Chavistes ou des Bolcheviques.

Alors si cette analyse est juste, il reste à attendre que des générations à venir  redécouvrent les bienfaits de la solidarité, du partage et des lendemains sereins…. les jours heureux de leurs aïeux.

En espérant qu'il ne faille pas attendre un conflit mondial pour redécouvrir ces vertus.

 

Le monde a considérablement bougé en moins de 3 générations.  La grande nouveauté est que l'homme, en tant que force de travail, n'est plus aussi incontournable qu'auparavant.

Au lieu d'exploiter ce déséquilibre comme le fait le libéralisme à grands coups de régressions, il est temps, urgent, de diminuer drastiquement le temps de travail et d'offrir avec le temps ainsi libéré, cultures et loisirs non vulgaires (non mercantiles).

 

Pour cela il faut d'une manière ou d'une autre disposer de médias "non polarisés", faisant connaître d'autres propositions que celles qui tournent en boucle sur les ondes et à la fin dans nos têtes.

Le libéralisme a sa propagande et dispose de quasiment tous les moyens de sa diffusion.

 

C'est sur ce terrain qu'il faut batailler.

à notre échelle locale, la rédaction et la diffusion d'un journal FI constituent un dérisoire mais utile travail… notre "pierre à l'édifice" d'une réelle modernité.

Christian.   septembre 2017.

réf:

(1)        https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_droits_de_l%27homme_et_du_citoyen_de_1789#Origine_des_articles

(2)        http://www.lemondepolitique.fr/culture/liberalisme_capitalisme.html

(3)         https://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique

(4)         https://blogs.mediapart.fr/vilmauve/blog/260316/le-pouvoir-du-lobbying-au-parlement-europeen

(5)         https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_bancaire_et_financi%C3%A8re_de_l%27automne_2008

(6)         http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/01/19/la-concentration-des-richesses-dans-le-monde-en-graphiques_4558914_4355770.html

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