Je croirais vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu'il pense vraiment de son journal. Dans son journal.   Journal d'un mégalo: Guy Bedos

Le rôle des médias dans la société et la nécessité de leur transformation: une question politique essentielle

 

  1. Préambule

Qu’il s’agisse de la presse écrite ou de l’audiovisuel, l’actualité récente a mis en évidence l’action parfois décisive des médias dans le sens de la préservation des intérêts de l’oligarchie dominante. Deux exemples parmi beaucoup d’autres viennent illustrer ce point :

  • Le soutien à peine voilé apporté par de nombreux médias dominants à l’émergence de la candidature d’E. Macron, puis à son élection comme président en mai 2017[1]. Avalanche de «Unes» dans les principaux hebdomadaires[2], ainsi que dans la presse quotidienne nationale et régionale ou sur les grandes chaines de télévision[3]; jusqu’à l’interview « brosse à reluire » du même Macron au 20h de France 2 en décembre 2017, qui rappelait furieusement celle du général de Gaulle par Michel Droit dans les années 60[4].
  • A l’inverse, la candidature de J.-L. Mélenchon à l’élection présidentielle, puis son rôle de premier opposant au gouvernement Macron-Philippe depuis plus de six mois ont, souvent fait l’objet d’un traitement le plus souvent à charge de la part de ces mêmes médias, visant à déformer et caricaturer ses prises de position, et bien au-delà celles du mouvement de la France insoumise[5]. Ce que l’on appelle le « Mélenchon-bashing» ne connait pas de limite. Après avoir atteint son paroxysme dans les semaines précédant le 1er tour de l’élection présidentielle où il risquait d’être présent au second tour, il s’est étendu à d’autres figures du mouvement de la France insoumise, pour aboutir par exemple en novembre 2017 aux manipulations médiatiques auxquelles a donné lieu l’émission C-Politique de France2 dont J.-L. Mélenchon était l’invité principal[6].
  1. Les médias en France : quelques chiffres (source CSA et ministère de la culture)
  • près de 50 000 titres de presse écrite ;
  • 32 chaines nationales de télévision ;
  • 41 chaines locales en métropole, 26 en Outre-mer.
  • 900 radios privées en plus des radios publiques.

A ces supports s’ajoutent les médias numériques dépendant étroitement des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Google, Youtube, etc.) qui restent seuls maitres des données. Comme nous allons le voir, cette très grande diversité de supports n’est en rien une garantie de pluralisme et d’indépendance des médias.

Le tableau ci-dessous compare l’importance du secteur audiovisuel public en France relativement à ceux d’Allemagne et de Grande-Bretagne :

(Tableau extrait du livret « Des médias au service du peuple » de la France insoumise)

  1. L’indépendance des médias : de quoi parle-t-on ?

Réduits jusque dans les années 50 à la presse écrite et à la radio, auxquels se sont par la suite joints la télévision, puis tout récemment les réseaux sociaux, les médias ont toujours tenu un rôle essentiel dans la vie quotidienne des citoyens et le combat politique à l’échelle nationale, qu’il s’agisse de consolider le pouvoir en place ou bien au contraire de le contester. Le caractère démocratique d’un régime politique est souvent évalué à l’aune de la liberté de sa presse et de l’indépendance des médias par rapport à ce régime.

Mais qu’entend-t-on précisément par indépendance ? Cette indépendance a longtemps été perçue comme la rupture de tout lien de subordination de la presse et des médias vis-à-vis du pouvoir politique en place. Tout le monde [surtout les plus de 60 ans !] a en mémoire la période du gaullisme triomphant où la télévision française, nouveau média de masse, était un monopole d’Etat. Elle se devait alors être la « voix de la France », les journalistes étant en lien direct avec le ministère de l’information de l’époque qui donnait ses instructions.

Par contraste, la presse écrite était alors présentée comme un « quatrième pouvoir », venant contrebalancer les trois pouvoirs institutionnels (exécutif, législatif et judiciaire) aux mains du pouvoir politique. On se souvient par exemple du rôle joué par certains hebdomadaires dans l’opposition à la guerre d’Algérie, de l’affaire du Watergate déclenchée aux USA par les journalistes du Washington Post et aboutissant à la démission de R. Nixon, de l’enquête du journal le Monde sur l’affaire du Rainbow Warrior en 1985, des enquêtes de Médiapart sur plusieurs affaires impliquant N. Sarkozy, ou bien encore des révélations régulières du Canard Enchainé.

Depuis lors, les choses ont bien changé. Le monopole d’Etat sur l’audiovisuel a disparu à la faveur de la multiplication des « radios libres » en 1981, puis de l’essor des télévisions privées, avec notamment la privatisation de TF1 en 1986 et la multiplication des chaines privées satellitaires et TNT. A cette privatisation accélérée de l’audiovisuel, sont venus s’ajouter la concentration de la presse écrite et la mainmise de grands groupes industriels sur le secteur des médias. En d’autres termes, l’indépendance acquise par les médias vis-à-vis du pouvoir étatique s’est vite transformée en une réelle mise sous tutelle par les puissances de l’argent.

  1. Un paysage médiatique sous influence

L’information est désormais bien connue, même si bien peu en tirent toutes les conséquences : près de 90% des médias sont aujourd’hui entre les mains d’une dizaine milliardaires[8],[9]. Ce chiffre global est illustré plus en détails par la cartographie réalisée par le Monde diplomatique et Acrimed intitulée : « Médias français : qui possède quoi ? » et reproduite en annexe[10].

                          

Plus précisément, selon une étude toute récente réalisée par J. Cagé[11], et dont les résultats sont illustrés sur la figure ci-dessus, il apparaît que les actionnaires propriétaires en dernière analyse de ces médias font majoritairement partie du secteur des services financiers et assurances, tandis que moins d’un cinquième d’entre eux sont issus du secteur de l’information et de la communication. Dernier venu dans la razzia opérée par les oligarques pour croquer les titres de la presse française, le groupe Renault qui vient de racheter 40% du magazine Challenges ![12]

C’est sans doute par un effet de lucidité rétrospective après voir décidé de se retirer de la politique, que l’ancien premier ministre L. Jospin s’alarmait déjà de cet état de fait, alors que le processus de prise de contrôle n’en était encore qu’à ses débuts :

« Nombre de médias audiovisuels ou de la presse écrite sont possédés en France par de grands groupes industriels (Bouygues, Lagardère, Dassault...) ou bien ont ouvert largement leur capital à des groupes économiques ou financiers. On se doute que ces médias - au-delà des choix des journalistes eux-mêmes - sont globalement sensibles à l’idéologie et à la mentalité de ces milieux, et en diffusent largement les arguments dans le public » (L. Jospin, Le monde comme je le vois, Gallimard, 2005).

Il convient d’ajouter à cela que la survie de la plupart médias dépend étroitement de la manne financière en provenance des annonceurs publicitaires les plus puissants. Cette dépendance peut être la source d’une autocensure larvée permanente, puisqu’elle réduit la possibilité d’une information objective et transparente sur ces mêmes annonceurs. Ainsi, le Canard enchaîné a pu donner l’exemple (confirmé par l’Express en 2011) d’EDF et d’Areva dont les dépenses publicitaires ont pour objectif d’assurer une ligne éditoriale favorable à leurs activités dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Qui ne se souvient par ailleurs de la déclaration quelque peu cynique de P. Le Lay, PdG de TF1 en 2004 : "Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible » ?

  1. Un système médiatique en défense des intérêts de l’oligarchie libérale : quelques exemples

Au-delà d’anecdotes particulières venant émailler l’actualité, cette emprise de l’oligarchie industrielle et financière sur les grands médias de masse, a pour conséquence de profondément transformer le fonctionnement du système médiatique qui se met alors au service des intérêts bien compris de cette même oligarchie. Plusieurs exemples viennent conforter cette analyse du système médiatique, promu au rôle de « nouveau chien de garde »[13] du capitalisme libéral et de ses partisans.

  • La campagne sur le référendum de 2005. Le traitement médiatique de la campagne référendaire de 2005 sur le traité constitutionnel européen, qui visait à consolider les orientations libérales de l’Union européenne, reste aujourd’hui encore un cas d’école du positionnement des grands médias[14]. En effet, tandis que la quasi-totalité des éditorialistes des grands médias[15] préconisaient le « oui » comme une évidence, une campagne des partisans du « non de gauche » fondée sur la création de comités a réussi, grâce au développement d’un intense débat citoyen au sein de la population, à inverser la tendance et faire gagner le « non ». Cette victoire a certes été remise en question par le vote du traité de Lisbonne par le parlement en 2008 mais, outre le fait qu’elle n’est pas étrangère à la naissance d’un mouvement comme la France insoumise douze ans plus tard, elle montre que la propagande des grands médias peut être mise en échec par la mobilisation populaire et le débat démocratique.
  • Une information économique à sens unique. Le parti-pris des grands médias sur les questions relatives à l’économie est là encore flagrant. L’écrasante majorité des éditorialistes ou experts universitaires (présentés comme tels, mais dont on omet le plus souvent de signaler les liens qu’ils entretiennent avec les milieux bancaires ou patronaux) clament à longueur de colonnes ou sur les plateaux de télévision le fameux TINA (There Is No Alternative) de M. Thatcher : « chacun pour soi et le marché pour tous » semble être leur devise, rejetant l’idée même qu’un débat démocratique puisse avoir lieu sur ces questions[16]. Partisans déclarés de l’orthodoxie libérale, chantres des politiques de l’offre et des « réformes plus que jamais nécessaires », ils saturent le champ médiatique de leurs préconisations, laissant peu de place aux économistes hétérodoxes, y compris dans les médias du service public.
  • Medias et mobilisations sociales. La façon dont de nombreux médias rendent compte des mobilisations sociales est encore une fois symptomatique de leur engagement en faveur du maintien à tout prix du système libéral et de la préservation des intérêts de l’oligarchie. Combien de fois par exemple le compte rendu de grèves dans les transports ne s’est-il pas réduit aux protestations des usagers « pris en otage », sans que la parole ne soit donnée aux grévistes pour expliquer leurs revendications ? De même, la propension des médias notamment télévisuels à ne décrire les manifestations de rue qu’à travers les débordements auxquels elles ont pu donner lieu, ne laissent aucun doute sur leur volonté de discréditer ces manifestations et les revendications qui vont avec. Et si jamais tout se passe bien, on met l’accent sur les chiffres en baisse du nombre de manifestants et sur l’essoufflement de la mobilisation.
  • Méthodes et conditions de travail dans les médias. L’une des conséquences des évolutions qui affectent l’ensemble des médias depuis maintenant plusieurs années, est la modification profonde des méthodes de travail des journalistes. Le travail d’enquête et d’investigation qui était auparavant au cœur de l’activité du journaliste, a fait place au journalisme de commentaires et de prescription, réservé aux éditorialistes, tandis que la qualité de l’information et des contenus se dégrade : voyeurisme, sensationnalisme, course au scoop et à l’audimat, nuisent à l’expression pluraliste des opinions et au débat démocratique. Il en résulte pour les personnels salariés de ces mêmes médias (journalistes, techniciens, photographes, secrétaires de rédaction, etc.) une dégradation de leurs conditions de travail et une précarisation croissante de leur statut.
  • Il ne faudrait en conclure pour autant que le secteur de l’audiovisuel public soit prémuni contre les dérives décrites ci-dessus. Bien au contraire, car les liens de ce secteur avec un pouvoir politique, qui au-delà des différents gouvernements qui se succèdent, reste fondamentalement d’orientation néolibérale, n’ont pas été véritablement rompus. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le financement de ce secteur dépend de plus en plus des recettes publicitaires, la part de financement public subissant des baisses récurrentes liées aux politiques d’austérité budgétaire. Ce sont d’ailleurs précisément ces coupes budgétaires qui menacent aujourd’hui l’existence d’émissions comme « Envoyé spécial » ou « Complément d’enquête » sur France2 qui restent encore les seuls espaces où peut encore se déployer, dans le paysage audiovisuel français, un véritable journalisme d’investigation
  1. La nécessité d’une transformation profonde des médias : quelles propositions politiques ? Le cas du programme l’Avenir en commun

Au-delà de l’indispensable travail quotidien de critique des médias et de décryptage des orientations et pratiques de ces derniers[17], un projet de transformation des médias doit faire partie de tout programme politique qui vise au renversement de l’ordre existant, dont le système médiatique dominant constitue aujourd’hui un pilier essentiel. C’est le cas du programme de la France insoumise, l’Avenir en commun, dont l’un des livrets intitulé « Des médias au service du peuple » est entièrement consacré à cette question[18]. On pourra trouver par ailleurs une analyse critique des programmes des différents candidats à la présidentielle de 2017[19][20].

Le livret « médias » de la France insoumise propose une transformation profonde du paysage médiatique qui vise à atteindre les objectifs suivants :

  • « Construire l’indépendance des médias,
  • garantir le pluralisme démocratique,
  • protéger les professionnels des médias,
  • développer et encourager la création et la diversité des médias »

Elle s’organise autour de 5 axes :

  1. « La 6ème République dans les médias ». Avec l’inscription dans la Constitution du droit à l’information et à la culture, la création d’un Conseil national des médias (constitué de représentants des pouvoirs exécutifs et législatifs, des professionnels du secteur et des usagers) et l’élection par le Parlement des présents de l’audiovisuel public.
  2. « En finir avec la mainmise de l’argent et la concentration » par l’adoption d’une loi-cadre anti-concentration portant sur l’organisation et la régulation des médias. Cette loi comporterait des dispositions permettant de lutter contre la concentration verticale et interdisant les situations de monopole, tout en favorisant des modèles de financement et d’organisation alternatifs au modèle dominant fondé sur l’actionnariat et la publicité.
  3. « Refonder les aides publiques à la presse» qui seraient réservées aux médias d’information sans but lucratif.
  4. « Mettre un terme à la précarité dans les médias » en prenant des mesures permettant de garantir aux journalistes de meilleures conditions de travail dans l’exercice de leur métier et d’agir contre la précarité de tous métiers intervenant dans la production audiovisuelle, ainsi que la presse écrite ou en ligne.
  5. « Soutenir la qualité et la diversité des contenus ». Il s’agit notamment de mettre un terme au traitement éditorial favorable à la pensée libérale dominante et à une représentation inéquitable de la diversité des composantes de la société, en ouvrant le débat et en garantissant un traitement juste des opinions publiques.

Ce même projet réaffirme en outre la « volonté politique d’un service public audiovisuel valorisant la création culturelle, le pluralisme démocratique et la diversité » en lui donnant notamment les moyens budgétaires adaptés à sa mission de service public. Il indique par exemple que, loin d’être un gouffre financier comme d’aucuns tentent de la faire croire, le budget global actuel de l’audiovisuel public français est de 4,3 milliards d’euros, contre 6,1 au Royaume-Uni et 8,4 en Allemagne (voir tableau page 2).

  1. Et en attendant les jours meilleurs, quels combats pour la démocratisation des médias ?

7.1. La nécessité d’un media de masse indépendant

La transformation radicale du paysage médiatique selon les quelques axes esquissés ci-dessus suppose bien évidemment un bouleversement complet au plan politique, notamment à l’occasion d’échéances électorales présidentielle ou législatives, et la mise en œuvre des mesures essentielles du programme de l’Avenir en commun. Mais en attendant, comment fait-on pour résister au rouleau compresseur du système médiatique et à l’accentuation de sa dérive néo-libérale par sa soumission croissante aux lois du marché? L’actualité récente nous indique quelques pistes possibles montrant que l’on n’est pas condamné à l’immobilisme ou à la simple dénonciation verbale impuissante.

Nous avons vu par exemple comment, à l’occasion de la campagne référendaire de 2005, le système médiatique avait pu être mis en échec par la mobilisation militante et populaire. Tout récemment les campagnes présidentielle et législatives ont montré que tous les pronostics avaient été déjoués, même si les « mouches avaient su opportunément changer d’âne » en promouvant la candidature Macron. A contrario, la campagne de J.-L. Mélenchon, puis de la France insoumise, a connu un succès considérable grâce au déploiement massif et systématique des outils numériques (internet et réseaux sociaux) qui ont largement contribué aux 7 millions de voix qui se sont portées sur son nom, même si la marche de l’accès au second tour a été ratée de peu.

L’exemple de la chaine Youtube de J.-L. Mélenchon, avec aujourd’hui près de 370 000 abonnés, tout comme l’affluence aux meetings de la campagne électorale ou encore la réussite de la marche du 23 septembre dernier attestent qu’il est possible de contourner le système médiatique, même si ce dernier n’a pu très longtemps ignorer que la France insoumise était aujourd’hui la force d’opposition principale à la politique gouvernementale et qu’il se voyait bien obligé d’accorder un temps de parole suffisant à ses représentants. Par-delà les moyens propres de diffusion que peut se donner la France insoumise pour populariser son programme et ses propositions et accroître son audience bien au-delà des cercles militants, la nécessité d’un média télévisuel de masse conçu comme une alternative aux médias dominants s’est récemment imposée.

C’est l’objet de la chaine télévisuelle le média [21] qui doit être lancée au mois de janvier 2018 à partir d’un financement participatif. Présentée à tort par certains esprits malveillants comme la « chaine de la France insoumise », au motif que plusieurs figures du mouvement ont signé la pétition initiale de lancement, cette chaine se veut être un média « indépendant, collaboratif, pluraliste, culturel, francophone, féministe, humaniste, antiraciste, écologiste, progressiste ». L’ambition d’une telle chaine n’est bien évidemment pas de se substituer aux médias indépendants déjà existants[22], ni même de les «concurrencer», mais de « changer d’échelle » en s’adressant à une bien plus large audience. L’avenir dira si le pari est tenu.

7.2. Pour un conseil de déontologie du journalisme

Un autre axe de mobilisation immédiate sur la question des médias concerne la pétition récemment lancée par J.-L. Mélenchon, suite à l’émission C-Politique dont il était l’invité, relative à la demande de création d’un conseil de déontologie du journalisme[23]. Ce qui posait problème lors de cette émission n’était bien évidemment pas le fait que J.-L. Mélenchon soit confronté à des contradicteurs, mais que d’une part l’engagement politique de ceux-ci, présentés comme des « Français lambda », soit caché, d’autre part que le journaliste économique puisse énoncer des contre-vérités invérifiables dans l’instant et destinées à piéger son interlocuteur.

Une telle instance à laquelle tout citoyen pourrait avoir recours pour obtenir une rectification publique en cas de manquement grave à la déontologie journalistique dans un reportage, une émission ou un article, serait constituée de représentants des usagers des médias et de représentants des journalistes, y compris les précaires et pigistes. Dans la mesure où la création d’un tel conseil avait déjà fait l’objet en 2014 d’un rapport à la demande de la ministre de la culture de l’époque[24], et que ce type d’instance existe d’ores et déjà dans d’autres pays, il n’est pas impossible que cette pétition débouche sur un résultat positif et que cette instance puisse voir le jour dans un avenir pas si lointain. Affaire à suivre donc, dont le succès contribuerait certainement à faire des médias une question politique à part entière.

Patrick Janvier 2018 

Annexe

(infographie actualisée en novembre 2017)

 

[1] https://www.monde-diplomatique.fr/2017/05/BENILDE/57494

[2] http://www.acrimed.org/Emmanuel-Macron-superstar-mediatique

[3] http://www.acrimed.org/La-presse-est-unanime-Emmanuel-Macron

[4] https://www.mediapart.fr/journal/france/181217/macron-interview-debout-journalisme-couche

[5] http://www.acrimed.org/Les-editocrates-contre-Jean-Luc-Melenchon-bis

[6] https://le-bon-sens.com/2016/05/28/manipulations-mediatiques-en-serie-contre-melenchon-a-dpda/

[8] Pour ne pas les nommer : Bouygues, Xavier Niel, Dassault, Bernard Arnault, Bolloré, Pierre Bergé, Patrick Drahi, François Pinault, Matthieu Pigasse et Lagardère

[9] http://osonscauser.com/medias-pourquoi-10-milliardaires-controlent-ils-notre-information/

[10] https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA

[11] J. Cagé- Qui possède les médias ?, LIEPP Policy Brief, n°3, décembre 2017

[12] https://www.mediapart.fr/journal/france/141217/challenges-invente-avec-renault-le-journalisme-connecte-au-cac-40

[13] En référence à l’ouvrage de S. Halimi (1998, actualisé en 2005 : https://inventin.lautre.net/livres/Halimi-Les-nouveaux-chiens-de-garde.pdf) et au film documentaire éponyme de G. Balbastre et Y. Kergoat, sorti en 2012. J.-L. Mélenchon parle souvent de « seconde peau du système ».

[14] Voir à ce sujet l’ouvrage d’H. Maler et A. Schwartz (2005) : Médias en campagne : retour sur le référendum de 2005, Syllepses.

[15] A ne surtout pas confondre avec l’ensemble des journalistes.

[16] http://www.acrimed.org/Ces-economistes-qui-monopolisent-toujours-les-debats

[17] Un tel travail est mené avec constante et opiniâtreté depuis maintenant près de 20 ans par Acrimed (Action-Critique-Médias : http://www.acrimed.org/) dont le présent texte s’inspire largement.

[18]https://avenirencommun.fr/le-livret-medias/

[19]http://www.acrimed.org/Presidentielle-2017-Sur-la-question-des-medias

[20] Voir également l’audition programmatique #12-Médias-Henri Maler (Acrimed) et Pierre Rimbert (Monde diplomatique) : https://www.youtube.com/watch?v=1jlIOT8AChI&t=8s

[21] https://www.lemediatv.fr/

[22] Parmi lesquels on peut citer pour les plus importants d’entre eux : Médiapart, Politis, le Monde diplomatique, le Canard enchainé, Arrêts sur Images, etc.

[23]www.change.org/p/pour-la-cr%C3%A9ation-d-un-conseil-de-d%C3%A9ontologie-du-journalisme-en-france (près de 170000 signataires au 29/12/2017)

[24] http://www.acrimed.org/Un-Conseil-de-la-Presse-A-quelles-conditions-et

 

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