_La 5e République à bout de souffle !

_Réflexions au sujet des procédures destinées à désigner les représentants des français dans les assemblées législatives ou exécutives.

 Préambules:

Tous les modes d'organisation sociale sont plus ou moins pertinents à un moment donné, mais même s'ils le sont (pertinents), ils ne peuvent le demeurer à l'échelle du temps long.

La notion de temps long est elle-même fonction du domaine considéré.

Par exemple:

_millénaires pour ce qui relève de nos traits les plus "reptiliens" (ex. organisation patriarcale).

_siècles pour ce qui relève des religions (ex: divers schismes).

_décennies pour ce qui relève des technologies dominantes, dans notre histoire récente (ex; électronique analogique remplacée par l'électronique numérique en moins de 30 ans).

 Mais ces mutations, pour ce qui concerne les constructions humaines, sont elles mêmes interdépendantes.

Ainsi par exemple, l'accroissement des connaissances scientifiques n'est probablement pas étranger aux mutations, voire aux disparitions des religions.

La nouveauté dans l'histoire des mutations, c'est la vertigineuse accélération de leur rythme dans le dernier siècle.

Ainsi, pour ne regarder que 50 ans en arrière, les plus anciens d'entre-nous ont connu le déploiement des cabines téléphoniques publiques, aujourd'hui disparues compte-tenu de l'avènement des portables. Les mêmes accédaient plus ou moins facilement à telle information en compulsant les encombrantes encyclopédies papier, aujourd'hui remplacées par wikipédia  présent, via nos Smartphones, au fond de notre poche. L'argent "monnaie/papier" bientôt lui aussi remplacé par telle application du même Smartphone… etc, etc.

Dans tous les domaines, les nouvelles technologies (essentiellement numériques) ont, en l'espace de 2 à 3 décennies, considérablement transformé notre environnement.

Ainsi aujourd'hui, les réseaux sociaux semblent pouvoir remettre en cause l'utilité des corps intermédiaires. Les Gilets Jaunes obtiennent plus que les syndicats !

 La France d'avant 68, (plus exactement d'octobre 1958, date de naissance de la 5e République) a considérablement changé.

La place des employés dans les secteurs agricoles et industriels, la place du religieux, la place des femmes, l'émergence des thèmes écologiques … tout cela n'a seulement évolué, mais bien muté.

 Personne ne nie cela, par contre il faudrait croire que la 5e République échapperait à ces mutations profondes !

Pis, elle a connu quelques retouches qui la rendent de plus en plus incongrue. Ainsi le déplacement des élections législatives dans la foulée des présidentielles (1) l'ont rendue encore plus monarchique qu'elle ne l'était à ses débuts. Le caractère parlementaire n'est plus qu'un décor de théâtre. 

Il est urgent de muter dans ce domaine aussi, d'accepter que le monde a profondément bougé, qu'attendre encore c'est prendre le risque de voir accéder au pouvoir, par accumulation de mécontentements populaires, les forces politiques xénophobes de droite. La 5e République leur ira comme "un gant", là aussi bien préparée par introduction dans le droit commun (octobre 2017/février 2019) de lois jusqu'alors du domaine des états d'exceptions.

   Cette construction humaine, en l'occurrence politique, doit changer profondément bien au-delà des toilettages opportunistes (de circonstance), juste destinés à conserver les "gardiens du temple", à savoir les hommes/femme politiques professionnels qui n'envisagent jamais de prendre leur retraite.

 

Une "nouvelle" ou rien.

 Le raisonnement peut sembler un peu court, si on le résume à "il faut changer pour changer".

 Mais il ne s'agit pas de cela, il faut changer parque que le système n'est plus adapté à notre époque, pis, tailler par et pour un homme "exceptionnel" (de Gaulle), capable de ce retirer suite à un résultat de référendum défavorable (1969), alors que plus jamais depuis ces successeurs n'ont eu cette rectitude. 

Pire sur cet aspect de la constitution, il a été possible de faire le contraire de ce qu'exprimait les urnes ( le non de 2005 sous Chirac devient un oui en 2008 via le congrès convoqué par N.Sarkozy).

 Les Hommes sont toujours les mêmes certes, mais tout autour de nous est profondément transformé, de nos relations au travail, à nos moyens d'échanges et/ou d'informations, en passant par le niveau moyen de scolarisation, considérablement accru (59000 bacheliers en 1969, 675000 en 2018 è + 1000% pour une population qui à cru "que de" 47%.).

Autre exemple pour 50% d'entre nous, les femmes: au début de la 5e République elles n'avaient pas le droit de signer des chèques, ce n'est qu'en 1965 que ce droit leur a été accordé. Cette intégration, qui nous parait aujourd'hui si "évidente" n'est qu'un des marqueurs des mutations évoquées.

 Des minis tremblements de terre/mutations sont supportables pour des construction humaines y compris intellectuelles, des séismes de l'ampleur de ceux que les 50 dernières années ont connus, doivent conduire mécaniquement à des réécritures des textes constitutionnels. 

Les églises, hauts lieux du conservatisme, ont bien leurs conciles dits œcuméniques, nos républiques, à des échelles de temps bien plus petites, ne peuvent échapper à leurs "conciles" républicains.

L'architecture politique qui définit la 5e République doit céder la place à une nouvelle constitution adaptée aux révolutions culturelles et technologiques des 50 dernières années.

 Cette demande ne reçoit pas un refus pur et simple. Le niveau résiduel de démocratie et  le niveau moyen d'éducation des Français, n'autorisent pas ceux qui nous gouvernent à prononcer un NON pur et dur à l'évolution de la constitution.

Mais en fait, ce ne sont pas des évolutions en terme de modification des textes qu'il faut réaliser, mais une refonte totale qui conduira via une constituante (assemblée de rédacteurs) à proposer, par voie consultative générale, de nouvelles règles de gestion politique du pays: Bref une nouvelle république, la 6e.

 Ainsi l'architecture générale de la 5e nous a conduits, de déceptions en attentats, à une monarchisation de fait.

Le président actuel, veut faire du "jupiterien", ce qui autorise le commentaire suivant de Bruno Cautrès chercheur CNRS/CEDIPOF):

Il veut re-sacraliser la fonction, redorer le blason présidentiel. La parole omniprésente de Nicolas Sarkozy et la présidence de l’anecdote de François Hollande ont abouti à une baisse de portée de la parole présidentielle, qui a elle-même affaibli les institutions. Il s’agit de retrouver le respect pour la fonction qu’il n’y a plus aujourd’hui. C’est finalement un retour à une certaine normalité, à ce que doit être un président sous la Ve.

La normalité étant  la sacralisation du président monarque. (CQFD !)

Voilà le biais, une constitution qui sous le couvert de démocratie, conduit à une relation de type monarchique entre le président élu et les citoyens.

Et les réformes successives, loin de gommer cette ligne de force originelle, l'ont tout au contraire cristallisée.

Du coup, des lois très importantes (loi travail) peuvent être imposées par le biais de l'article 43-3 en passant par-dessus des parlementaires godillot.

Assemblée-Cour de godillots qui banalisent à présent l'usage des ordonnances, comme si nous étions en état de guerre.

Cette dimension "monarchique", est un anachronisme en ce début du XXIe siècle.

Pis, entre des mains corrompues ou fascisantes cette constitution pourrait très bien conduire à une totale perte de démocratie.

 

Une assemblée ou le tiers état a disparu.

 L'absence de représentants des couches dites populaires (ouvriers, employés…) met en pratique la classe politique parlementaire (et exécutive) dans une situation que l'on appelle "hors sol".

Trop distants des réalités des plus pauvres, la classe politique est incapable de trouver des réponses aux graves problèmes de (sur)-vies que connaissent près de 9 millions de français pauvres. La moitié d'entre-eux doivent vivre avec moins de 800€/mois  (2)

Il y a très probablement parmi nos élus, nombre de  "hors-sol" cyniques, mais également une partie, dans une réelle ignorance.

Savoir que certains doivent vivre avec 800€ par mois, c'est  très très différent que de vivre des années avec ces 800€/mois.

En l'occurrence, savoir c'est bien, "en être" c'est mieux, pour proposer d'urgence des lois efficaces pour changer cette tendance à l'accroissement de la pauvreté pour le plus grand nombre vs l'accroissement sans fin des profits pour une minorité, pour mettre enfin en doute l'imbécile théorie du ruissellement des richesses.

Théorie d'un autre temps, elle aussi mise à mal par la disponibilité des nouveautés technologiques (réseaux, transactions "à la µseconde", productions et services sans opérateurs humains …) , au point que le sens du ruissellement s'est inversé ! 

Ces lignes peuvent sembler faire le procès d'une doctrine, en l'occurrence le libéralisme. C'est en un certain sens exact, mais en fait c'est l'incapacité de pouvoir changer ce système objectivement nocif (au premier sens du terme pour l'environnement) via les procédures électorales qu'offre la 5e république, qui est dénoncé.

L'instrumentalisation possible d'un candidat "repoussoir", le positionnement des législatives "derrière" la présidentielle, le non recours aux consultations référendaires, l'usage des ordonnances et autres 49-3, etc… permettent que perdure une idéologie malsaine pour le plus grand nombre. 

 

Dépolitisation de notre société.

 Il convient d'observer l'évolution des taux d'abstention aux diverses élections.

Source:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abstention_%C3%A9lectorale_en_France#%C3%89lections_l%C3%A9gislatives

 Législatives

Année

Date

Abstention

2017

11 juin (premier tour)

51,3 %13

18 juin (second tour)

57,36 %

2012

10 juin (premier tour)

42,78 %

17 juin (second tour)

44,59 %

2007

10 juin (premier tour)

39,6 %

17 juin (second tour)

40,0 %

2002

9 juin (premier tour)

35,6 %

16 juin (second tour)

39,7 %

1997

25 mai (premier tour)

32 %

1er juin (second tour)

28,9 %

1993

21 mars (premier tour)

30,8 %

28 mars (second tour)

32,4 %

1988

5 juin (premier tour)

34,3 %

12 juin (second tour)

30,1 %

1986

16 mars

21,5 %

Pas de second tour : scrutin à la proportionnelle

1981

14 juin (premier tour)

29,1 %

21 juin (second tour)

24,9 %

1978

12 mars (premier tour)

16,8 %

19 mars (second tour)

15,1 %

1973

4 mars (premier tour)

18,7 %

11 mars (second tour)

18,2 %

1968

23 juin (premier tour)

20 %

30 juin (second tour)

22,2 %

1967

5 mars (premier tour)

18,9 %

12 mars (second tour)

20,3 %

1962

18 novembre (premier tour)

31,3 %

25 novembre (second tour)

27,9 %

1958

23 novembre (premier tour)

22,8 %

30 novembre (second tour)

25,2 %

 

L'abstentionnisme (premier tour) est passé de 25% en 1958  au début de la 5e à plus de 50% en 2017.

C'est une tendance  comparable pour toutes les élections, sauf pour les élections municipales pour lesquelles l'évolution de l'abstention est moindre: 26% en 1959, 39% en 2014.

Les élections présidentielles sont elles "mieux fréquentées", mais avec des biais extraordinaires en mettant, par exemple, en confrontation tel candidat face à un candidat d'extrême droite. L'"heureux" élu s'empressant d'oublier qu'il n'est pas "là" pour son programme (soutenu par moins de 25% des électeurs en 2017), mais du fait d'un vote dit "de barrage à l'extrême droite".

Ces dépolitisations sont consternantes, sauf à penser qu'il n'est meilleur modèle politique que celui dit "de droit divin", d'avant la révolution de 1789 pour la France. 

Pourquoi cette dépolitisation ?

 Il existe, bien entendu, plusieurs raisons (présentées ici sans volonté de classement) (3)

a) Un nombre croissant de citoyens ne semblent plus croire en l'efficacité des formes classiques de l'action politique ("j'y crois plus", "à quoi ça sert !"). Ils s'estiment dépossédés du pouvoir de se faire entendre et/ou de peser sur les processus de décisions entre les mains des acteurs politiques. Le "coup" du referendum outrepassé de 2005 n'a pas contribué à donner du crédit à la politique.

Convoqués tous les 5 ans et puis… "laissez-moi faire…" 

Dans ces conditions, pourquoi se déplacer !?

b) La construction Européenne ne contribue pas à gommer le sentiment d'impuissance des politiques, mais tout au contraire à l'exacerber, puisque "en gros" ce qui est dans le champ du social (service public par exemple), est anti-concurrence libre et non faussée, donc "impossible" à développer.

Idem pour l'harmonisation fiscale impossible. Unanimité vous dis-je… le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas… ne veulent pas signer !     Qu'y faire… on n'y peut rien… désolé.

c) "Retournement de veste": Mitterrand en 1983, Hollande et sa guerre "non" déclarée contre le monde de la finance…

Il est vrai qu'un président de gauche qui détruit de code du travail, c'est troublant.

Alors pourquoi s'intéresser à la politique, puisqu'ils ne "font pas pour nous", mais pour le grand capital. Et lorsqu'une promesse est tenue (supprimer l'ISF/Macron) ce n'est bien évidemment pas d'un grand bénéfice pour l'immense majorité des citoyens !

d) Les injonctions à aller plus vite, à être plus efficace, à être pragmatique ont au cours des ans, imprégné les esprits. Du coup, ces mêmes esprits trouvent "fort de café", que ces injonctions s'arrêtent en limite de propriété des entreprises. Mais pour les gouvernants successifs, l'efficacité des réformes va venir… bientôt*. A force, la confiance accordée s'estompe, puis disparaît.

Ou, autres éléments de langage, à la fin démobilisants; ce n'est pas une question de moyens, c'est juste une question de ré-organisations… de changement structurel. "T'es pauvre, réorganise-toi, re-structure-toi, "traverse la rue !". Discours qui a force fait rire "jaune" !

*En 1976, un grand économiste, nommé premier ministre (VGE) et ministre des finance, voyait déjà le bout du tunnel… 40 ans plus tard nous sommes toujours dans le tunnel !          Le tunnel est long ! trop long.

e) Certains observateurs évoquent l'individualisme croissant.

Probable fruit conjugué de la perte d'influence du religieux (catholicisme) et de l'exacerbation de la consommation. Moins de spirituel, plus de matériel.

Par exemple, il est vrai que l'adhésion à la MGEN, ne posait pas question pour un jeune enseignant dans les années 70, aujourd'hui oui. Un jeune prof va dire… "La MGEN !?… mais y'a moins cher !"

Du coup, indirectement, l'engagement politique, plus simplement l'intérêt pour la politique, l'esprit de corps, la gestion de la cité, de la collectivité, est moins évident.

D'une certaine manière plus éthéré que l'accès à la 5G qui va nous conduire à être plus solitaire au sens physique qu'à l'époque des palabres sous l'arbre de la place publique.

Ceci n'est pas une preuve, juste une piste. Pas de la nostalgique, un témoignage.

f)… autres (à compléter et commenter)

Tout ceci est très complexe, les raisons de la dépolitisation sont très probablement multiples. La moindre syndicalisation accompagne, témoigne elle-aussi de cette tendance

Mais par ailleurs, la 5G fer de lance de la modernité évoquée ci-dessus, c'est aussi les réseaux sociaux.

Et sans les réseaux sociaux sans doute pas de Gilets Jaunes. Gilets Jaunes qui semblent contredire la dépolitisation évoquée. à suivre !

 

 Quoi faire au minimum ?

 En partant du principe que les citoyens doivent être impliqués en matière de politique, donc retourner aux urnes et voter pour tel programme plutôt que tel leader.

 Il faut faire probablement le contraire de ce qui a conduit à la dépolitisation dénoncée.

Donc, en reprenant les causes avancées:

 - Ne plus se cacher derrière les interdits dictés par l' UE libérale. Ne pas la quitter pour des motifs nationalistes, mais la quitter pour construire une autre Europe d'union des peuples dans la coopération et non la compétition.

 - Ne plus laisser, entre les élections, les citoyens à l'écart des grandes décisions, en particulier pour tous les sujets non clairement énoncés dans les professions de foi.

Par exemple, si F. Hollande avait consulté les Français au sujet des réformes du code du travail, après débats, il n'est pas certain que ces derniers soient resté chez eux assoupis.

L'implication aux choses de la politique, peut/doit devenir une manière d'être.

 Nous informer d'une manière contradictoire sur tel sujet majeur, puis nous demander par un vote de trancher, reconduira à terme les citoyens vers les urnes.

Les Suisses, souvent inviter à s'exprimer, via des votations, parfois plusieurs fois par an, ne désertent pas pour autant les isoloirs. (taux de participation est très souvent supérieur à 50%).

D'autre part, ils ne sont pas revenus sur l'abolition de la peine de mort, qu'ils ont choisie bien avant nous. Ce point pour disqualifier par avance les énormes ficelles des anti-RIC.

Etre directement impliqué dans les décisions politiques devrait/peut devenir un acte "naturel", une culture.

Les techniques numériques, inquiétantes de certains points de vues, seraient des facilitateurs de ces consultations.

Mais dans la situation actuelle, quelque chose est troublant…

 

Consultations.   (Sujet délicat à aborder !).

(4)

Pourquoi un bulletin de vote pour le notable plutôt que pour l'ouvrier ?

Même si le taux de participation est en baisse, c'est Macron qui passe au premier tour, pas Nathalie Arthaud, ni Philipe Poutou, ni la FI.

Macron l'élégant banquier d'affaires chez Rothschild préféré à Poutou l'ouvrier chez Ford (Blanquefort) ! 

6,3 millions d'ouvriers qui auraient voté pour l'un des leurs, ce serait plus cohérent que les moins de 400000 voix qu'il a recueillies !

Sans être, ni neurologue, ni anthropologue, ni éthologue… mais juste simple observateur, il est possible d'avancer qu'à plus ou moins grande échelle (nombre et intensité), l'être humain est un être grégaire. En ce sens, l'organisation pyramidale du groupe lui est "naturelle".

Personne ne conteste le caractère grégaire pour tel groupe de cervidés ou d'ursidés, mais il est plus difficilement concevable pour notre espèce (homo sapiens).

Si on accepte cet angle de l'analyse de nos comportements en tant qu'homo sapiens-electoralus, alors la propension à "suivre" le "mâle alpha", le leader, le notable, plutôt qu'un de notre strate trouve une explication naturelle.

 Bien sûr, la première réaction c'est de refuser cette explication, refuser de nous voir individuellement comme au milieu d'un troupeau… et certainement encore moins si l'on adhère à un mouvement d'Insoumis… un insoumis grégaire c'est presque un oxymore !!!

Alors soit nous écartons d'un revers de manche cette hypothèse d'ordre éthologique (naturelle), soit nous acceptons de l'intégrer à nos analyses ?    Acceptons.

 

Législative.

 Existe-t-il un moyen d'échapper au syndrome électoral du "je vote pour le plus connu" ?

Oui, simplement en ne proposant plus, pour nous représenter de choisir entre S. Cala ou C. Villani

et pour cela utiliser la méthode du tirage au sort (5).

 Rappel de la méthode (jet brut) :

 A partir de:

-Liste électorale (c'est le cas pour les citoyens tirés au sort pour siéger en Cour d'Assise en tant que jurés). Le refus d'être "choisi" serait possible, contrairement au cas des jurés d'Assise évoqués.

-Vivier de candidats (dotés du droit de vote)

 Il est indispensable que le nombre de tirés au sort soit conséquent (centaines, voire milliers) pour garantir une représentativité proportionnelle des réalités sociologiques (et géographiques).

La parité F/H est mécaniquement obtenue. Si le premier tiré au sort est une femme, alors les autres tirés au sort suivant, s'ils sont femmes, sont éliminés jusqu'à que soit tiré un homme, et ainsi de suite… dans ce cas, le tirage pourrait être F F F H F H H H F F F H… où seront retenus les tirés au sort "couleur", les autres tirés au sort sont écartés.

La représentativité territoriale est possible sur les mêmes bases. (Vivier par régions/départements)

 

Quel dosage ?

30, 50, 75, 100% de tirés au sort ?

Une rupture véritable vis-à-vis de la situation présente pourrait faire pencher vers un taux maximum.

Quelle profession de foi ?

Le tirage au sort est antinomique avec la notion de parti et de profession de foi.

Les élus doivent dans leur diversité, rechercher les meilleurs choix pour l'intérêt du plus grand nombre. Cette recherche sera la charte, la profession de foi des candidats au tirage au sort.

Ce sera probablement l'aspect le plus "révolutionnaire", donc le plus contesté de la procédure.

Notons que le "ni de droite ni de gauche" serait du coup, mécaniquement réalisé.

Ce serait alors l'intégration, la prise en compte, d'une tendance constaté depuis des décennies. 

Pour autant, les individus garderont leur "penchants" naturels. Ce dernier ne serait plus brandit, mais intégré leurs réponses aux votations proposées. Une sorte de laïcité avancée qui relèguerait les oppositions gauche-droite vs centre au rang de religion.

Pas facile à concevoir… pourtant, potentiellement,  plus de trahison, plus de carriérisme, plus d'instrumentalisation des évènements.

Le pourcentage "des tirés" au sort, pourrait bien entendu moduler ce scénario "révolutionnaire".

 

Pour quelles prérogatives ? 

-Rédaction des lois avec assistance d'experts. (spécialistes du domaine traité, historiens, juristes, économistes…)

-Vote sur l'adoption des lois.

-autres… ?

C'est bien évidement à une assemblée constituante (tirée au sort) de définir les périmètres des responsabilité de nos élus.

Les membres de la constituante, tirés au sort, ne pouvant ensuite être eux-mêmes candidats à des mandats représentatifs ultérieurs à cette constituante.

Présidentielle.

Tirage au sort ?...

Non, la nécessité de tirer un grand nombre ne peut s'appliquer pour n'en choisir qu'1.

L'important effet de "lissage" garant de pondération ne serait plus possible.

Mais pourquoi 1 seul ?… là aussi atavisme du mâle alpha… l'élu de dieu ?

Pourquoi pas un groupe de "sages" plutôt qu'un élu toujours minoritaire dans les faits ?

 Sages !.... qui est sage ? C'est sans doute un débat sans fin.

 Mais nous connaissons tous, directement parfois, indirectement le plus souvent, des personnes qui sortent "du lot" du fait de leur compétences dans tel domaine, ou de leur rectitude, ou de leur grand talent, ou…

Ne serait-il pas possible, sur les bases des compétences que doivent avoir les membres d'un groupe chargés de l'exécution des lois (nos ministres, actuellement, désigné par "the" président) de tirer au sort tel individu, pour tel champ de l'action de l'état (exemple: éducation primaire, santé publique…), parmi un vivier (exemple: acteurs de l'éducation primaire, de la santé…) de personnes volontaires ?

Ainsi, point de carrière, de cooptation, de copinage, de renvoi d'ascenseur, mais des compétences liées à l'expérience.

 Là aussi, une dimension quasi utopique saute aux yeux.

Et pourtant, l'opposé d'un pouvoir monarchique n'est-il pas un pouvoir distribué/partagé ?

L'acceptation d'un tel modèle, par la communauté internationale ne manquera pas de soulever les oppositions nombreuses et intenses. De ce point de vue, la naissance de la 1ere République (22/09/1792) (6), a vu s'élever contre elle, la majorité des états Européens (coalisés contre elle.)

 

Donc plus de consultation du peuple ?

 Si, bien au contraire, mais pour une tâche différente. Prendre parti vis-à-vis des "grands" choix qui lui faudra trancher, après informations/débats, par le biais de référendums… les votations de nos voisins helvétiques.

Et il est bien entendu [ce point est documenté au paragraphe 3 (Une République permettant l'intervention populaire) du chapitre 1 (la 6e  République) du programme l'avenir en commun]

que l'implication du peuple doit être l'un des moteurs de la 6e République… tout le contraire de ce que ne fait pas (plus depuis longtemps !) la 5e.

 

Conclusion.

 Une partie de ces sujets (sauf le point "Présidentielle" et très marginalement le tirage au sort) sont développés dans le chapitre 1 de l'avenir en commun: La 6e République.

Il est de ce point de vue, notable et réjouissant de voir à quel point ces pages rédigées depuis 2016, sont en phase avec les thèmes majeurs (organisation de la vie politique) qui émergent du mouvement des gilets jaunes.   

 Toujours sur le sujet de la 6e  république, dès 2014, avec le lancement de la plate forme M6R, des milliers de contributions (par régions) ont été collectées. Elles existent. La construction d'une 6e République, n'est pas une page blanche, beaucoup de "simples" citoyens ont déjà proposés des pistes, des suggestions, des idées. Il reste à réaliser la mutation constitutionnelle.

Ce ne sera pas évident. La multiplicité des amendements/aménagements apportés aux textes de la 5e République depuis 1958, seront mis en avant pour faire valoir leurs adaptations aux circonstances.

Les risques d'instabilités, façon 4e République, la chienlit sont/seront brandis comme des épouvantails.

Mais en fait, c'est l'entêtement à vouloir conserver un modèle devenu aujourd'hui quasi monarchique qui pourrait à terme conduire le pays dans une crise majeure ou le livrer au fascisme.

 

La 6e République doit s'imposer par la raison via la voie des urnes,   et que vive la 6e !

(1) L.Jospin

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pauvret%C3%A9_en_France

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Dépolitisation

(4) https://6emerepublique.wordpress.com/category/m6r/

(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Tirage_au_sort_en_politique#%C3%89lection_et_suffrage_par_le_sort

(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_r%C3%A9publicain_en_France


 

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