Le revenu universel…. c'est quoi ? 

 1)   (définition du Mouvement Français pour un revenu de base:  Gaspard Koenig)

Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement.

Revenu universel c'est aussi bien d'autres appelations...

revenu inconditionnel/revenu inconditionnel suffisant/revenu d'existence

/revenu minimum d'existence/revenu social/revenu social garanti

/allocation universelle/revenu de vie/revenu de citoyenneté/revenu citoyen

/dotation inconditionnelle d'autonomie/dividende universel/revenus de base ou salaire à vie.

15 dénominations (au moins)… et presque autant de variantes.

 

Tour d'horizon des "pours"(1)

"Penseurs/théoriciens".

Le philosophe écologiste André Gorz

Le journaliste Ignacio Ramonet 

L'économiste Yann Moulier-Boutang

Le philosophe Toni Negri

Le philosophe Jean-Marc Ferry

L'historien de l'économie Jacques Marseille

L' économiste  Bernard Maris

Le blogueur Étienne Chouard

Au moins huit titulaires du prix Nobel d'économie sont connus pour avoir soutenu l'idée du revenu de base : Maurice AllaisJames TobinHerbert A. SimonFriedrich HayekJames MeadeRobert SolowMilton Friedman et Angus Deaton.

Partis et personnalités politiques de gauche.

Les Verts  programme en 2007 et 2013 et aux européennes de 2009.

(Eva JolyKarima DelliYves CochetMichèle RivasiJosé Bové)

L'UDE (Union des démocrates et des écologistes, classé au centre-gauche)

(Jean-Vincent PlacéJean-Luc BennahmiasFrançois de Rugy)

Le Parti pour la décroissance

Le mouvement politique Utopia  (Verts et du Parti de gauche) (Baptiste Mylondo)

Le Parti fédéraliste français 

Le Mouvement des Libéraux de Gauche (MLG)

Le Mouvement socialiste alternatif (MSA)

Au sein du Parti Socialiste  (Arnaud Montebourg , Christophe Girard, Benoît Hamon)

Nouvelle Donne ( Pierre Larrouturou )

Le Parti pirate français

Partis et personnalités politiques de droite.

Christine Boutin, Dominique de Villepin, Alain Madelin

Les Républicains (Frédéric Lefebvre, N. Kosciusko-Morizet,) 

FN (Bruno Lemaire (du FN, pas de LR !))

 

Tour d'horizon des "contres"(2)  

Atac (Jean-Marie Harribey, Michel Husson)

Le sociologue et économiste Bernard Friot  (mais il défend une autre approche: le salaire à vie)

 

Tour d'horizon des "mitigés"(3)   (pas de position tranchée officielle) 

PCF

FdG  (4)

 

Conclusion: Pour faire court, même si ces listes ne sont pas exhaustives, les pours sont beaucoup plus nombreux que les contres.

Nous donnerons notre interprétation suggestive de ce fait dans la suite du document.

 

2) Modalités pratiques du projet "revenu universel"

 

2-1  à qui seront-t-ils versés ?  (seules les deux propositions les plus distinctes sont analysées) 

version revenu de base

à tous, sans distinction de revenus et cela dès la naissance.

La seule différence est que la somme évolue avec l'âge.

version salaire à vie

 (Bernard Friot)

à tous, mais seulement à parti de la majorité (18 ans) , et son montant est progressif à partir de la notion de niveaux de qualification (4 niveaux).

 

2-2  Cumulables avec d'autres revenus ?

Oui* pour le revenu de base, non pour le salaire à vie

Pour le salaire à vie, il n'y a plus de marché de l'emploi (tel qu'existant aujourd'hui), pas plus que de propriété lucrative(6). Vous avez un emploi et un niveau de qualification.

*… sauf que si tous les bénéficières (majeurs) veulent cumuler, encore faut-il qu'ils trouvent d'autres sources de revenus… c.a.d. un emploi !

 

2-3  inconditionnels ?

version revenu de base

Oui.

version salaire à vie

Non, il faut atteindre l'âge de 18 ans.

 

2-4  inaliénables ?

 Oui, aussi bien pour le revenu de base que pour le salaire à vie (mais éventuellement modifiable, vers le haut ou vers le bas pour ce dernier, en fonction du gain ou de la perte de qualification.).

 

2-5  Quels montants ?

Rappels net/mensuel (chiffres 2014 à 2016):

revenus médians nets 1700€

revenus moyens nets 2200€

seuil de pauvreté (à 60% du rev. net médian) 1020€

smic  net 1135€

 

version revenu de base

Pour La Fondation Jean-Jaurès(5), proche du Parti socialiste, le montant serait de 225€ de la naissance à 15 ans, puis 375€ de 15 à 18 ans, puis 750€ de 18 ans à 65 ans, puis de 1125€ de 65ans à… la fin.

version salaire à vie

Montant de 1500 à 6000€ en fonction de la qualification (4 niveaux de qualification, comparables aux grades de la fonction publique).

 

2-6  Et l'existant (alloc. fam. retraite, assurances maladies…) ?

version revenu de base (7)

Il remplace l’ensemble des aides et assurances sociales, le système actuel du revenu de solidarité active, de la prime pour l’emploi, des aides au logement et des exonérations de cotisation patronales (brut-net des fiches de paye et pensions è assurances sociales).

version salaire à vie

Sont gratuits :

L'éducation,

Les services urbains,

La santé.

Le logement,

Les transports de proximité,

La consommation de base (eau, électricité, ...)

[les allocations familiales ???  il est possible (à confirmer) que le fait d'avoir des enfants contribue à accroitre la qualification, ce qui induit un accroissement du salaire.]

 

2-7  Financements ?  besoins.

Rappel démographie française au 1/1/2016:

<18 ans: 14 183 189 è 14 106 

>18 ans: 50 330 053 è 50 106

PIB env. 2100 109  €  (milliard d'€)

 version revenu de base  (chiffre annuel)

 fourchette basse  470 euros par mois aux adultes et 250 euros pour les moins de 18 ans

exige (282+42  109), soit 324 milliards d’euros, soit 15% du PIB.

Rappel montant RSA au 1/9/2016 (le RSA représente 0,5 % du PIB)

Le montant du RSA varie selon la situation familiale de chacun. Il n'est pas le même selon que la personne est seule, en couple, avec ou sans enfants. D'après le dernier ajustement qui date du 1er septembre 2016, le montant du RSA est de :                                                                                      rsa         vs       revenu de base version basse

535, 17 euros par mois pour une personne seule et sans enfants             > 470 €

687,22 euros pour un parent isolé                                                                   < 720 €

802,79 euros pour un couple sans enfants                                                    < 940 €

1123 euros par mois pour un parent isolé avec 2 enfants                           >  970 €

Par enfant supplémentaire, la majoration est de 214,06 euros                    <  250 €

fourchette haute 1000 euros par mois et 250 euros pour les moins de 18 ans

exige (600+42  109), soit 642 milliards d’euros soit "pas loin" d'un tiers du PIB

version salaire à vie

L'évaluation est plus délicate puisque le salaire est modulé par l'appartenance à telle catégorie de qualification et qu'il n'est attribué qu'aux personnes âgées de plus de 18 ans.

En posant l'hypothèse de distribution des qualification suivante.

qualification A 50%  [1500€], B 30% [2500€], C 15% [4000€], D 5% [6000€]

è            450 109 €            + 450 109 €        + 360 109 €       + 180 109 €  =    1440 109 €,  1440 milliards d'€,  soit  68 % du PIB actuel.

 

2-7  Financements _Sources ?

 version revenu de base

3 sources:

La redistribution. Impôt sur les revenus (tout le monde paierait l'impôt), impôt sur la consommation (TVA), nouvelles taxes sur le patrimoine ou sur les transactions financières.

La création monétaire. La banque centrale assure directement le montant du revenu de base (version 470€/mois) à partir de 15% du PIB du pays, réputé résulter, non du travail effectué, mais les apports collectifs des générations antérieures (ex: réseaux routiers, ferroviaires, ports..)

Revenu des biens communs. Des biens communs, tels que les ressources naturelles (eau/énergie solaire/produits de la pêche…), les services écologiques (l'épuration naturelle des eaux, la biomasse qui nourrit les animaux domestiqués, pêchés ou chassés, l'activité des pollinisateurs dans les cultures), les biens culturels (produit des fouilles archéologiquescollections scientifiquesmanuscrits rares, œuvres d'art, objets d'antiquité, d'intérêt artistique ou historique…), la solidarité, etc. devraient, pour les mettre à l'abri d'une appropriation, être « propriétisés »

 

Ce qui n'est pas explicitement versé dans ces sources, c'est que toutes les formes actuelles "d'aides sociales" disparaissent, donc avec elles les économies faites sur les salaires des acteurs de collecte/gestion/distribution de ces aides (alloc. familiales, retraites, sécu., RSA, apl, etc…)

version salaire à vie

Il n'y a plus de propriété lucrative. (socialisation de la richesse produite)

3 caisses alimentées par les profits de tous les types d'entreprises (usine de production, loueur d'un appartement, travailleur indépendant…), recevront la totalité du PIB.

Ces trois caisses sont:

caisse de cotisation dédiée aux salaires (60% du PIB)

caisse de cotisation économique dédiée à l’investissement (30% du PIBè 15% investissement/entretien des entreprises et 15% pour le financement de nouveaux projets)

caisse de cotisation gratuité (10% du PIB) pour le financement des dépenses courantes des services publics (au-delà des salaires et de l’investissement).

Remarque: Le mot nationalisé semble banni. Seuls les mots "socialisation" ou "propriétisation" sont employés.


Ci-dessous, parties subjectives à débattre !


 

A)   Revenu universel.

Pourquoi cette "avalanche" de propositions proposant de "donner" à tous, un revenu de la naissance à la mort, en lieu et place de toutes autres aides.

Trois raisons avancées:

Etouffoir social. Le revenu universel est la réponse libérale au fait que le plein emploi ne sera jamais plus retrouvé à cause, notamment, du remplacement des postes humains par des automatismes de toutes espèces, physiques (robots/automates) ou plus virtuels (réseaux et applications sur serveurs). Loin de s'arranger, la situation du chômage ne fera que se dégrader avec les approches actuellement mises en œuvre… à savoir, refuser de diminuer le temps de travail, comme le bon sens le suggère, et comme les faits historiques le montrent jusqu'aux 35h qui semblent être le plafond de verre en la matière.

Cette situation profitable pour une poignée est bien entendu porteuse de révoltes. Le revenu universel serait l'étouffoir le moins couteux pour le système libéral. "De quoi tu te plains, tu as un revenu pour ne rien faire de ta naissance à ta mort !?"

Accroissement des marges/profits. Le revenu universel dispenserait les employeurs de tout ou partie  des "contributions" patronales, qui ne seront pas pour autant versées au salaire net.

Disparition de la cotisation des allocations familiales, des cotisations pour l'allocation chômage et la formation (8), au minimum, mais certaines variantes vont plus loin (cas des revenus universels "haut" (1000€) en suggérant, sous couvert de responsabilisation des acteurs (nous), de laisser au privé le soins de gérer assurance maladie et retraite qui, du coup, disparaitraient elles aussi des charges salariales. Charge à chacun, c'est cela la responsabilisation libérale, de voir ce qu'il accorde de son revenu universel à sa prévoyance santé ou retraite !

Avec 30 000€ par mois ce type de liberté est "jouable", voir rentable.

Avec 1000 € par mois, c'est plus subtil !

Idéologie "moins d'état vs moins de fonctionnaires et plus de privé".

Plus d'acteurs publics, de fonctionnaires, pour la gestions des aides ou prévoyances (et, au passage, un p'tit coup de coude pour accroitre le chômage !), puisque tout est dans le revenu universel et que chacun fait le choix de sa prévoyance via des prestataires privés, dont on peut penser qu'ils seront plus numériques qu'humains… on n'arrête pas le progrès !

Pour vous assurer en prévision d'un rhume tapez 1

Pour vous assurer en prévision d'un cancer tapez 2

Pour vous assurer en prévision d'une carie dentaire tapez 3… etc

Ces points sont plus ou moins cachés dans les arguments standards en faveur du revenu universel (quelques-uns ci dessous, rapportés en italique).

_Participer à la lutte contre les inégalités et à la lutte contre la pauvreté. (avec un revenu < au seuil de pauvreté !)

_En finir avec des politiques d'aides d'Etat complexes, stigmatisantes, coûteuses et inefficaces. (confier cela au privé…. par ici la monnaie, les fonds de pensions et autres subprimes.)

_Donner à tous les mêmes atouts pour permettre à chacun de choisir son itinéraire de vie indépendamment de ses origines sociales pour contribuer ensuite, en fonction de ses capacités, à la création de richesse .

(Ben voyons… 750€ et le choix de travailler en plus ! Quel travail ?… ben.. la dynamique qu'entraînera le salaire universel, éradiquera pratiquement le chômage.)

_Emanciper l'individu de l'aliénation d'un emploi de survie pour lui permettre d'exercer réellement ses talents. 

(Sans commentaires !)

… etc.  

Bref beaucoup de rhétorique.

 


Des choses moins avancées, voire jamais avancées .

Dès lors que le salaire brut ressemblera au salaire net, et avec l'argument "mais vous touchez EN PLUS le salaire universel" il très probable que les salaires tendront à diminuer. La notion de SMIC pourrait même purement et simplement disparaître.

La stigmatisation des sans emploi, supposée disparaître sera à mon avis accrue, du fait que les plus riches (qui sont aussi les détenteurs des médias) pourront se plaindre de devoir payer des impôts afférents au revenu universel, bien supérieurs à leur propre revenu universel au motif que ce dernier est versé à des personnes qui, elles, ne font rien… et du coup combien de temps s'écoulera avant que les bénéficiaires oisifs soient tenus de rendre de "menus" service à la collectivité sous forme de "bénévolats obligatoires" (voir tentatives en ce sens du département du Haut-Rhin (février 2016)  vis-à-vis des bénéficiaires du RSA)

Comment évoluera le montant du revenu universel ?

A mon avis, il sera bloqué dès que des signes de faiblesses économiques* seront signalées… Actuellement de longues périodes de stagnations des revenus sont imposées aux fonctionnaires, aux retraités et à de nombreux employés. Rien ne changera. Sauf que les syndicats des bénéficiaires du revenu universel restent à inventer… et que le levier de la grève des inactifs !! "même pas peur" 

* Le revenu universel est actuellement expérimenté sous une forme (très) alternative en Alaska. L’Etat américain reverse chaque année depuis 1982 une partie des revenus du pétrole et du gaz à ses résidents installés depuis plus de 5 ans. En 2015, ce revenu, nommé l’Alaska Permanent Fund, s’élevait à un peu plus de 2 000 dollars par personne et par an (environ 150 €/mois). Ce «dividende » citoyen fait débat, une partie de la classe politique proposant de réduire son montant afin de combler le déficit budgétaire de l'Etat, lié à la baisse du prix du baril.

Bref beaucoup de menaces dans un monde où l'altruisme n'est pas de mise.

Nombreux sont les observateurs qui pensent que les femmes seront les premières à rester chez elles avec leur salaire universel dans la poche… de leur tablier !

Enfin, ce projet de régler le problème du chômage en permettant à certains (en fait une majorité actuelle des chômeurs) de ne plus être chômeurs car via le revenu universel ils n'auraient plus à travailler, fait l'hypothèse que le travail n'est pas un élément fondamental contribuant à l'équilibre de l'être humain !

Ça c'est une hypothèse qui n'a jamais été démontrée.

Qu'il y ait des différences considérables chez les humains, d'appétence pour le travail, c'est certain. Il y a peu de manifs pour refuser les vacances !

Mais à contrario, beaucoup de gens écartés de force du travail en sont véritablement malades et pas seulement pour des questions de revenus affaiblis.

Ceux qui prétendent que "l'addiction" n'est que culturelle, sont en général les mêmes qui n'arrivent pas à "lâcher" leurs emplois.

Combien d'universitaires, par exemple, se contentent d'un bureau en "sous-sol" en échange d'un titre de professeurs émérites ?

Combien de politiques restent en fonction au-delà du raisonnable. Pour eux, les notables, le travail est assurément un élément fondamental de leur équilibre… mais ne le serait pas pour les sans-grade ?

Mais alors que faire vis-à-vis du moteur principal de ces projets, à savoir le chômage ?

Nous l'avons déjà exprimé dans de précédents exposés. Donc, juste à titre de rappel, "nous" suggérons ("nous" pour tous les points ci-dessous, sauf le dernier qui ne fait pas l'unanimité):

_diminuer drastiquement le temps de travail. Viser les 30 h hebdomadaire au plus vite.

_taxer les entreprises qui déploient des postes automatisés en lieu et place de postes humains et via le produit de ces taxes soutenir les entreprises où le taux de main d'œuvre humaine est important.

_réindustrialiser le pays via des relocalisations aidées (mais via le filtre des taxes évoquées ci-dessus)

_rétablir des droit de douane vis-à-vis des produits élaborés dans des contextes sociaux et écologiques trop éloignés de nos normes.

_supprimer le principe de concurrence libre et non faussée présent dans le cœur de la construction Européenne, où des niveaux sociaux très inégaux exacerbent les compétitions entre peuples (le fameux dumping social).

_ arrêter progressivement toute politique nataliste, c’est une des réponses au chômage, mais aussi à l’épuisement des ressources de la planète.

(cette voie "très délicate", n'est pas partagée par tous les membres de notre groupe, pour autant cet aspect d'une démographique décroissante est un des facteurs importants qui explique le faible taux de chômage en Allemagne, où , contrairement à la France, le nombre d'entrants sur le marché du travail est bien inférieur au nombre de sortants (départ retraite))

_d'autres points plus "ponctuels" ont part ailleurs été suggérés et mis en ligne sur notre site. 

 


B)   Salaire à vie.

 

Le salaire à vie ne reçoit pas le soutien des forces libérales, c'est donc la preuve qu'il est plus favorable au grand nombre, qu'aux actionnaires… et pour cause le concept d'actionnariat, de propriété lucrative est étranger à la société projetée.

En fait, sa mise en œuvre serait une révolution comparable par son amplitude au big bang qu'a été en son temps la Révolution Française.

Le père de ce projet Bernard Friot n'imagine pas qu'il puisse être adopté suite à une démarche démocratique (aval du peuple via le choix d'un candidat qui aurait mis ce projet dans sa profession de foi ou via un référendum.)

Donc, c'est un projet qui serait mis en œuvre suite à une révolution "de la rue".

«La demande est énorme. Certes, ça concerne encore une minorité, mais une minorité prescriptive. Nous sommes actuellement dans un temps froid de l'histoire. Mais dans un temps chaud pendant lequel le peuple se met en mouvement, ce qui arrive régulièrement (1789, 1870, 1936), cette minorité tirera le mouvement. Il faut préparer ce moment par un travail d'éducation populaire.»  Bernard Friot

Les propriétaires actuels, donc certains d'entre nous, laisseront-ils leur patrimoine socialisé ?  

Le salaire à vie, n'infléchit pas le libéralisme, il l'élimine.

C'est un bel objectif, mais à mon avis si distant de la réalité actuelle que sa faisabilité est quasi nulle. On n'entraine pas vers le spirituel, des gens qui se démènent (débattent) avec le matériel.

C'est un "considérable résumé" de la pensée du philosophe grec Plotin (IIe siècle après JC), que je partage totalement. 

 

Le salaire à vie est une utopie, il est à ce titre, d'une certaine façon non critiquable. Le qualificatif "utopie" écartant de fait la possibilité d'une critique "pied à pied".

 

Conclusion (subjective à débattre)

Via un thermomètre, certes un peu rustique, mais qui ne m'a jamais trahi, j'observe que beaucoup de "belles âmes" libérales et/ou agents du MEDEF promeuvent le revenu universel. Or, que je sache, les motivations de ces groupes ne sont pas fondées sur l'altruisme ou la recherche du mieux pour le plus grand nombre.

Sur le fond, tout d'abord, qui peut affirmer, sans sourcilier, droit dans les yeux, que le travail (pas l'esclavage !) n'est pas indispensable à l'équilibre humain ? (au moins pour une majorité d'individus)

Le revenu universel est la réponse libérale au fait que le plein emploi ne sera jamais plus retrouvé, à cause, notamment, du remplacement des postes humains par des automatismes de toutes espèces, physiques (robots/automates) ou plus virtuels (réseaux et applications sur serveurs). 

La réponse rationnelle et humaine à ce constat devrait être la diminution drastique du temps de travail individuel et non la soi-disant liberté de choix qu'apporterait le revenu universel.

Quelle liberté en fait ? Un revenu probablement inférieur au seuil de pauvreté  (1000€) qui dispensera le patronat de toutes les charges (d'où son "légitime" engouement), assurance maladie, assurance vieillesse, accidents du travail, allocations familiales (etc.) , charges qui devront être assumées par les "heureux" bénéficiaires.

Les assureurs et autres fonds de pension privés vont adorer !

Dans 40 ans, combien de désastres pour toutes les personnes qui n'auront pas cotisé, faute de le pouvoir ou par négligence de jeunesse, alors qu' aujourd'hui elles sont "mécaniquement" tenues de le faire.

Plus de stigmatisation des chômeurs, dit-on, puisque ce qualificatif deviendrait obsolète !

Ben voyons ! Ceux qui travailleront et seront imposés pour abonder le revenu universel, auront tout d'un coup la vertu de ne plus montrer du doigt ceux qui "n'œuvrent" pas mais qui indirectement leur coûtent !?

Qui peut affirmer que ce revenu universel n'entrainera pas une diminution des offres salariales, par un effet mécanique d'alignement sur son montant, donc sous le SIMC actuel ?

Que les femmes n'en seront pas les premières victimes, invitées à rester foyer, puisque d'une certaine manière, payées ""à ne rien faire"" !

Par ailleurs, les espoirs de simplifications et d'économies de gestions prônées, conduiront à encore un peu plus de chômeurs, à savoir tous les personnels actuellement employés à gérer, distribuer et contrôler les divers filets sociaux.

Je comprends les motivations des libéraux, mais j'ai bien peur que certains, du peuple de gauche, ne soient leurrés, écoutant leur cœur, mais oubliant de creuser les questions posées ci-dessus.

Taxons les automates et les produits issus de pays à trop bas coût salariaux et/ou sans protections sociales. Avec cet argent, aidons financièrement les entreprises au prorata du nombre de leurs collaborateurs humains.

Rendons coûteux le recours à l'usage des heures complémentaires.

Diminuons le temps de travail tout en surveillant que cela ne s'accompagne pas de pressions "compensatoires" comme cela se développe en occident depuis plusieurs décennies (surmenage pour beaucoup qui ont un emploi, et chômage pour les autres).

Et lorsque les humains, tous les humains, y compris les politiques, grands managers, et autres donneurs de leçons qui n'arrivent pas à lâcher leur poste, en seront à travailler juste quelques heures par jour, dans un contexte de plein emploi, alors il sera temps de penser à "donner le choix", mais aujourd'hui, j'en suis persuadé, le revenu universel est un hochet libéral de conjoncture électorale qui, mis en œuvre, précipiterait notre société dans une ghettoïsation accentuée, avec un côté les "vrais actifs" et de l'autre les "assistés institutionnels"… assistés par les premiers.

Sources:

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_partisans_du_revenu_de_base#Partis_et_personnalit.C3.A9s_politiques_de_gauche

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenu_de_base#Le_point_de_vue_d.27Attac

(3) http://www.pcf.fr/47546

(4) http://www.jlm2017.fr/syntheses

(5) http://www.lefigaro.fr/social/2016/05/22/09010-20160522ARTFIG00110-un-revenu-universel-oui-mais-au-minimum-de-750-euros-mensuels.php

(6) https://fr.wikiversity.org/wiki/Recherche:Salaire_%C3%A0_vie#Caisse_d.E2.80. 99investissement

(7) http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3096C/AN/116.pdf

et   https://fr.wikipedia.org/wiki/Prestation_sociale_en_France

(8) https://blogs.mediapart.fr/edition/revenu-universel-de-base/article/110315/ca-changerait-quoi-pour-vous-un-revenu-de-base-universel-inconditionnel-ina

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir